Un réseau rapide et sécurisé pour les cyclistes
Un réseau rapide et sécurisé pour les cyclistes
La Région wallonne planche sur un réseau cyclable structurant avec les provinces et les communes depuis trois ans. La carte a été validée cet été et sera définitive d’ici octobre. Au gré des chantiers, la finalisation du réseau est fixée à 2040.
Texte et photos : Frédérique Masquelier
La Région wallonne planche sur un réseau cyclable structurant avec les provinces et les communes depuis trois ans. La carte a été validée cet été et sera définitive d’ici octobre. Au gré des chantiers, la finalisation du réseau est fixée à 2040.
Texte et photos : Frédérique Masquelier
Partage
Lancé en 2022 par la Région wallonne, le réseau cyclable structurant vise à « maximiser l’efficacité du vélo comme mode de déplacement afin d’en faire une alternative crédible à la voiture ». L’objectif est d’encourager les trajets quotidiens à vélo en identifiant les lieux qui ont le plus vocation à être reliés entre eux et en y aménageant des pistes cyclables sécurisées. Concrètement, en concertation avec les provinces, les communes, le milieu associatif et les citoyens, la Région s’est efforcée de repérer les itinéraires les plus empruntés par les cyclistes (domicile-travail…) et les connexions les plus directes entre les agglomérations. En résulte une carte des liaisons cyclables supracommunales à créer ou à aménager qui a été soumise à enquête publique entre juin et août 2024, puis à l’avis des provinces et communes en juin 2025. La Région a ensuite profité de l’été pour compiler les ultimes remarques et procéder aux derniers ajustements afin de rendre la carte définitive d’ici octobre 2025. Puis il sera temps de procéder aux travaux à proprement parler, en définissant qui fait quoi – Région, provinces, communes – et avec quel budget. En ligne de mire, la finalisation du réseau d’ici 2040.
En Brabant wallon, ce réseau cyclable structurant totalisera 704 kilomètres de pistes interconnectées et sécurisées, qu’il s’agisse de cyclostrades offrant un site propre et protégé du trafic automobile ou de voies balisées pour offrir un maximum d’aisance aux cyclistes. Sur ces 704 kilomètres, 361 se trouvent sur des voiries communales et 343 sur des voiries régionales (dont 252 kilomètres de route et 91 de RAVeL). En ce qui concerne les aménagements à réaliser dans la province, la Région wallonne a recensé 165 kilomètres à améliorer, 91 à élargir, 60 à pourvoir d’un nouveau revêtement de sol et 119 à créer de toutes pièces. Le solde, soit 269 kilomètres, est d’ores et déjà praticable en l’état.
« Le réseau cyclable structurant vise à maximiser l’efficacité du vélo comme mode de déplacement afin d’en faire une alternative crédible à la voiture. »
SPW Mobilité
Le RAVeL et le réseau points-nœuds
À noter que, sur le territoire brabançon comme ailleurs au sud du pays, le réseau wallon se greffe à d’autres réseaux cyclables existants : le RAVeL et le réseau points-nœuds. Le premier a été imaginé par la Région wallonne en 1995 et cible essentiellement les chemins de halage et les anciennes lignes de chemin de fer. Implémenté sous l’impulsion des provinces et opérateurs touristiques après avoir fait ses preuves aux Pays-Bas, en Allemagne, en Flandre et dans le nord de la France, le second forme un maillage de chemins de campagne dont chaque croisement est numéroté. « En Brabant wallon, nous travaillons à la mise sur pied du réseau points-nœuds main dans la main avec les communes depuis 2014 », renseigne Pierre Francis, en charge du Service du développement territorial et environnemental au sein de l’administration provinciale.
Capitalisant en partie sur le RAVeL et le réseau points-nœuds, le réseau cyclable structurant wallon poursuit néanmoins un but différent : celui d’offrir non pas des itinéraires de promenade ou de tourisme, mais bien un circuit de liaisons rapides et sécurisées pour soutenir l’usage du vélo. « Une fois que le réseau wallon sera finalisé, nous adapterons le réseau points-nœuds en conséquence », reprend Pierre Francis. Ceci pour ne pas les superposer, mais les connecter en intégrant chaque cyclostrade ou piste cyclable régionale créée ou aménagée. Ce faisant, le réseau points-nœuds brabançon atteindra 1.200 kilomètres : « 124 kilomètres du réseau actuel seront supprimés et 253 ajoutés », conclut-il.
Pour aller plus loin
- Une fois validée, la carte du réseau cyclable structurant wallon sera publiée sur le portail régional WalOnMap
- La Conférence permanente du développement territorial (CPDT), plateforme multidisciplinaire de recherches, de formations et d’échanges créée par le Gouvernement wallon en 1998, a publié en juin 2025 la note de recherche Différenciation spatiale du potentiel de transfert modal vers le vélo en Wallonie. Cette note de recherche rédigée par Barbara Stinglhamber mobilise une grille d’analyse prospective du potentiel cyclable, structurée autour de quatre composantes : accessibilité, domaine vital, motilité et perception. Des méthodes de modélisation spatialement explicite ont permis d’appliquer cette grille d’analyse pour identifier les entreprises wallonnes et les territoires communaux présentant un fort potentiel cyclable.
A lire également
Louvain-la-Neuve, capitale belge du parkour
Comment une cité universitaire sortie de terre dans les années 1970 est-elle devenue le terrain de jeu privilégié des Yamakasi belges ? Espace-vie a remonté le temps pour décrypter un usage de l’espace public que les pères fondateurs de Louvain-la-Neuve n’avaient pas imaginé et qui gagnerait à inspirer les urbanistes de demain.
Une rivière coule dans mon jardin
En Brabant wallon, des milliers de particuliers vivent au bord d’un cours d’eau. Un décor bucolique qui n’en est pas moins très réglementé. Face à la menace des crues et aux exigences du Code wallon de l’Eau, ces riverains, propriétaires des berges et du lit, ont des droits mais, surtout, des devoirs.
Les jardins au secours de la biodiversité
Face au développement urbanistique et à la fragmentation des espaces naturels, la Province et ses 27 communes sonnent la mobilisation générale. Et si la restauration du maillage vert brabançon se tramait de notre côté de la haie ? Conseils pratiques et décryptage avec l’ASBL Adalia 2.0.
De Waterloo à Mélin, sur les traces des châteaux d’eau
Aussi massifs qu’invisibilisés, les châteaux d’eau font partie du paysage brabançon depuis plus d’un siècle. Une cinquantaine d’entre eux jalonnent la province. Un patrimoine que deux passionnés originaires de l’ouest du Brabant wallon se sont mis au défi de référencer et de photographier.
Télétravailler au jardin
Depuis le Covid et l’essor du télétravail, un concept nouveau rencontre un certain succès : le bureau de jardin. Faisant office d’alternative à une extension pour qui n’a pas d’espace de travail à la maison, ce type de construction bénéficie d’une exonération de permis d’urbanisme sous conditions.
La ruralité se réinvente à l’est
La quatrième étape du cycle de visites « Sillonner le Brabant wallon » s’est intéressée aux territoires de l’Est du Brabant wallon en posant la question de la ruralité et de la façon dont elle se réinvente. Découverte d’un territoire qui cultive les initiatives.
