Un renouveau entrepreneurial à la Foster Farm

Située à Rosières, la ferme Terfosse est devenue la Foster Farm. On revient plus en détails sur la transformation de cet endroit en un lieu où se rencontrent les métiers de la terre, de la table et des professions intellectuelles. Un écosystème qui doit favoriser les échanges. Tour du propriétaire.

Texte : Xavier Attout - Photo : G.D.

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Une ruche entrepreneuriale pratiquement au milieu des champs. L’ancienne ferme Terfosse située à Rosières, le long de la E411, connait depuis quelques semaines une nouvelle vie. Cette bâtisse du XVIIIe siècle, abandonnée depuis 2019, a fait l’objet d’une profonde rénovation et d’une extension. Une initiative de la famille du Bois qui souhaitait faire revivre les métiers de la table sur ce site d’une trentaine d’hectares. On y retrouvera à terme « un écosystème éthique et durable qui rassemble des cultivateurs, des artisans et des entrepreneurs. » Pour l’heure, on retrouve surtout un coutelier, un fabricant de boisson sans alcool, un apiculteur, une céramiste, une maraichère qui s’est lancée dans la culture d’herbes aromatiques et de fleurs comestibles. « L’idée est de faire se rencontrer des métiers de la terre, des métiers de la table et des professions intellectuelles au sein d’un même lieu, explique le fondateur Louis du Bois. Chacun pouvant interagir ensemble. Ici, tant les boissons que les couteaux ou les fleurs ont par exemple un lien avec le restaurant que nous allons ouvrir en septembre. Quant au nom Foster, il a été trouvé en inversant les syllabes de Terfosse. Cela signifie dynamiser en anglais. Cela traduit bien notre philosophie.”

L’idée du fondateur est de faciliter l’accès à la terre agricole au plus grand monde, principalement des maraichers. L’aménagement d’ateliers pour les artisans, d’espaces de travail pour les entrepreneurs (une cinquantaine de postes de travail), d’un restaurant et d’un espace évènementiel doivent y contribuer. « Le bureau SI Studio a également réussi à traduire sur le plan architectural toutes nos ambitions, précise Louis du Bois. Leur proposition était esthétique, fonctionnelle et programmatique. Le mix entre rénovation et nouvelles constructions permet de créer un lien avec les espaces extérieurs, met en valeur le bâti ancien et permet à différents types d’activités de cohabiter et d’interagir. L’objectif est de rassembler des entreprises qui ont mis le volet durabilité au coeur de leur activité. »

Un positionnement environnemental

Et il faut avouer que l’on remarque l’ampleur de la rénovation quand on se balade dans les travées de l’ancienne ferme. L’extension de l’aile nord de la ferme donne, de plus, une véritable identité visuelle à l’ensemble et symbolise l’ouverture de la ferme sur le paysage. La construction d’un nouveau bâtiment a permis d’accueillir des fonctions nécessitant de grands espaces tels que la production et l’artisanat. Au total, le bâti comprend environ 2 000 m2, réparti en 1 155 m2 rénovés et 817 m² nouvellement construits. Les activités les plus animées sont regroupées au rez des bâtiments (ateliers d’artisanat, ateliers de production, espace de vente, cantine partagée ou encore espace de coworking,) tandis que les occupations nécessitant plus de discrétion et de calme comme les bureaux et les espaces de conférence, sont situés aux étages, profitant d’une vue imprenable sur le paysage environnant. « Foster a un vrai positionnement environnemental, ajoute Louis du Bois. C’est l’un des premiers bâtiments de Wallonie à être en quasi autosuffisance énergétique grâce à la présence d’un parc de panneaux photovoltaïques et de petites éoliennes et batteries de stockage. Le domaine dispose également d’eau potable naturelle et de système de récupération des eaux. » Si Foster est déjà en activité, le fondateur espère que la Foster Farm se remplira d’ici la fin de l’année.