Un premier référentiel  sur l’habitat léger

La Maison de l’urbanisme du Brabant wallon vient de présenter aux communes du Brabant wallon le premier référentiel sur l’habitat léger. Un outil qui vise à apporter des réponses innovantes aux défis sociétaux, environnementaux et urbanistiques de notre territoire. Il est destiné tant aux porteurs de projets qu’aux administrations, aux décideurs et aux riverains.

Texte : Bénédicte Dawance

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Les communes étaient nombreuses à avoir répondu présentes mi-novembre pour découvrir en primeur cet ouvrage. Ce référentiel a été souhaité et soutenu par la Province du Brabant wallon en réponse aux nombreuses questions que se posent les communes. Il se veut un outil éclairant les prises de décision relatives aux demandes d’installation ou de construction de l’habitat léger sur leurs territoires. Et des demandes, il y en a de plus en plus. Preuve, s’il en fallait encore, que diversifier l’offre de logements en Brabant wallon est devenu une nécessité. Que ce soit pour disposer d’un logement correspondant à ses moyens financiers, aspirer à un mode de vie plus sobre et plus en lien avec la nature, nourrir un autre rapport à son abri ou encore permettre des formes réversibles de logement. Les raisons qui invitent à se tourner vers cette autre manière d’habiter sont en fait nombreuses, tout comme les questions que se posent les porteurs de projets et les communes sur leur intégration urbanistique et paysagère.

Face à ce foisonnement d’interrogations, il était donc bienvenu d’apporter quelques éclairages. Bénédicte Dawance, architecte-urbaniste, coordinatrice de la Maison de l’urbanisme et Anaïs Angeras, anthropologue et habitante en « léger », se sont emparées de cette question en proposant trois livrets qui, ensemble, offrent une compréhension globale de ce l’on peut entendre par « habiter léger » et comment penser cette manière d’habiter notre territoire. Ajoutons qu’un comité d’experts a également été sollicité.

Une quête de sens de l’habiter

Le premier livret met au coeur de son propos les dimensions sociologiques et anthropologiques de l’habitat léger. Un fondement nécessaire pour aborder le sujet. En une quarantaine de pages, il permet de mieux saisir la démarche que représente « habiter léger » et ainsi mieux l’accueillir sur le territoire. On y rappelle les caractéristiques qui fondent la définition de l’habitation légère et qui ont prévalu à sa reconnaissance juridique : démontable, déplaçable, d’un volume réduit, d’un faible poids, emprise limitée, autoconstruite, sans étage, sans fondations et/ou non raccordée aux impétrants. Et de mettre l’accent sur la particularité de l’habitation légère de ne pas être circonscrite à une seule forme architecturale. Yourte, chalet, roulotte, kerterres, tiny house et bien d’autres. Car l’habitat léger est avant tout une question de rapport au milieu plutôt que de forme architecturale. Il fait écho à une profonde recherche du sens de l’habiter, caractéristique de notre époque. Empruntant les concepts de Félix Guattari (1989), ce livret pointe trois raisons fondamentales qui animent cette autre manière d’habiter : « retrouver du temps », « se reconnecter à son milieu naturel et social », « refaire village ».

 

Les raisons qui invitent à se tourner vers cette autre manière d’habiter sont nombreuses. Nombreuses aussi sont les questions que se posent les porteurs de projets et les communes sur leur intégration urbanistique et paysagère.

Le cadre légal de l’habitat léger

Le livret bleu est celui qui fait la synthèse des principales législations qui concernent l’habitat léger. L’habitat léger bénéficie depuis 2019 d’une reconnaissance juridique au sein du Code Wallon de l’habitation Durable. Outre ces caractéristiques qui doivent être rencontrées (minimum 3 parmi les 9 critères), celui-ci détermine des critères minimaux de salubrité et de surpeuplement principaux éléments du Code du Développement Territorial sont ensuite passés en revue : la planologie puis les permis d’urbanisme. On retiendra pour l’essentiel que les habitations légères sont, à l’instar de tout nouveau logement, soumises à l’octroi d’un permis d’urbanisme. Le recours à un architecte est quant à lui dispensé dans certains cas. Le livret fait également le point sur les dispositions en matière de domiciliation, de performances énergétiques requises avant de conclure sur les matières environnementales.

Intégrer l’habitat léger dans le territoire

Le troisième volet du triptyque s’attèle à la délicate question de l’intégration urbanistique et paysagère : comment penser l’intégration d’une habitation légère ? Comment l’argumenter ? Peut-on motiver une telle implantation quelle que soit la localisation du bien ? En quoi est-ce différent d’un autre projet résidentiel ? Quels garde-fous se donner ?

Il s’agit là de questions récurrentes tant du côté des demandeurs que des communes. Et il n’y a pas de réponse unique, mais bien des balises méthodologiques qui sont proposées. Première étape : évaluer l’opportunité, c’est-à-dire la capacité du projet d’habitation légère à rencontrer les objectifs de réduction de l’étalement urbain, de protection des personnes et de l’environnement ou encore d’éviter le repli sur soi et cultiver un lien étroit avec le milieu naturel. La deuxième étape propose une lecture au travers de la nature du projet. Est-il en adéquation avec les critères qui fondent sa reconnaissance (et quelles limites est-il judicieux de fixer) ? Est-il adéquat au regard du type d’utilisation ? Est-il adéquat vis-à-vis de sa localisation ?

Ce troisième fondement donne lieu à une lecture territoriale différenciée. Celle-ci est déterminée selon la localisation au plan de secteur, le contexte urbanisé ou non, les objectifs d’intensification ou d’apaisement, ou encore le contexte paysager des terrains situés dans les zones non urbanisables. Cette lecture donne lieu à 14 situations pour lesquelles des objectifs d’aménagement sont proposés. Enfin, la troisième partie propose une série de balises pour apprécier l’intégration du projet dans son contexte urbanistique et paysager, allant de l’implantation à l’aménagement des abords et aux recommandations à matière d’habitabilité?

Pour aller plus loin

Retrouvez les livrets du référentiel en cliquant ci-dessous :
– L’habitat léger une quête de sens de l’habiter
– Intégrer l’habitat léger dans le territoire
– Le cadre légal de l’habitat léger

Vous pouvez également vous procurer la version papier des trois livrets en vous déplaçant à la Maison de l’urbanisme (Court-Saint-Étienne) du lundi au vendredi entre 9h et 17h ou en envoyant une demande d’envoi postal à m.urbanisme@ccbw.be.