Rebecq mise sur son patrimoine 

Rebecq mise sur son patrimoine 

Texte : Frédérique Masquelier

Un des moulins d'Arenberg

D’immenses carrières et un centre-ville aux allures de site patrimonial d’exception : Rebecq vaut le détour. La commune se distingue de ses voisines par une histoire riche, bien avant l’essor industriel du 19e siècle. Un atout pour les autorités locales, qui investissent pour faire revivre cet héritage.

D’immenses carrières et un centre-ville aux allures de site patrimonial d’exception : Rebecq vaut le détour. La commune se distingue de ses voisines par une histoire riche, bien avant l’essor industriel du 19e siècle. Un atout pour les autorités locales, qui investissent pour faire revivre cet héritage.

Texte : Frédérique Masquelier

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Située aux confins du Brabant wallon, Rebecq est délimitée au nord par la Flandre et à l’ouest comme au sud, par la province de Hainaut. Autrefois propriété des seigneurs d’Enghien, son destin est tout aussi intimement lié à celui de la prestigieuse maison d’Arenberg. Cette riche histoire imprègne le bâti rebecquois, qui jouit d’un patrimoine remarquable et détonnant dans cette petite commune rurale de quelque 11.000 habitants, dont les trois-quarts du territoire sont composés de terres agricoles.

Raviver ce patrimoine participe à la valorisation de la centralité communale. Un vaste chantier que les autorités locales ont entamé depuis plusieurs années, en montrant l’exemple. À côté de la rénovation méticuleuse des bâtiments phares de Rebecq, l’aménagement de l’espace public, l’intégration des équipements collectifs édifiés en dehors de toute préoccupation patrimoniale, la valorisation d’un bâti dense, et surtout, la gestion des inondations dans ce centre urbain traversé par la Senne, constituent leur lot de défis.

Raviver ce patrimoine participe à la valorisation de la centralité communale.

Les moulins d’Arenberg

L’héritage des ducs d’Arenberg porte sur deux moulins auxquels ils ont légué leur nom, un grand et un petit. Bâtis au bord de la Senne à la fin du 14e siècle, en grande partie reconstruits aux 18e et 19e siècle, ils demeurent en activité jusqu’au tournant des années 1970. La commune rachète les lieux dans la foulée et procède à leur restauration en vue, entre autres, d’y loger le Musée du porphyre en l’honneur des carrières de Quenast. Des décennies plus tard, elle se lance à nouveau dans de grands travaux. « Après la récente rénovation du petit moulin, le projet de réfection de l’enveloppe extérieure du grand moulin est aujourd’hui dans les cartons, renseigne Patricia Venturelli, échevine rebecquoise du Patrimoine. Il est aussi question de créer une centrale hydroélectrique, dotée d’une nouvelle roue installée en lieu et place de l’ancienne pour alimenter en énergie les bâtiments administratifs à proximité. »

Les anciens hospices des sœurs augustines

Le site des anciens Hospices est l’autre joyau patrimonial de Rebecq. On le doit à des religieuses, les sœurs augustines, qui s’installent sur les lieux au début du 14e siècle. L’ensemble compte plusieurs bâtiments, dont le plus grand, l’Hospice des Vieillards, est aussi le plus récent, construit en 1865. Abandonné dans les années 1980, le site est sauvé par la commune quand, en 2000, un accord politique est trouvé pour revaloriser l’Hospice des Vieillards et y installer le centre administratif et le CPAS de Rebecq dès 2013.

Désormais, c’est au tour de la chapelle de bénéficier d’une cure de jouvence. En accord avec l’Agence wallonne du Patrimoine (Awap), « il a été décidé qu’elle abriterait la nouvelle bibliothèque communale », explique Patricia Venturelli. Stoppé dans son élan tant par la crise sanitaire que par le cout faramineux de l’opération, le projet vient d’être remis sur les rails.

Enfin, l’ancienne grange fait l’objet d’un projet dans le cadre du programme communal de développement rural. « Elle accueillera une maison de l’entité, soit un espace polyvalent destiné à l’organisation d’activités culturelles, de marchés et de festivités locales », explique l’échevine.

Les plus grandes carrières à ciel ouvert d’Europe

Des carrières de Quenast, les plus grandes carrières à ciel ouvert d’Europe, les Rebecquois extraient le porphyre depuis le 17e siècle. Roche d’origine volcanique réputée pour sa dureté, le porphyre a notamment servi à confectionner les pavés routiers belges. Mais il compose aussi les façades de nombreuses maisons anciennes quenastoises à l’architecture caractéristique de la région, avec leurs encadrements de fenêtres en briques.