Qui a octroyé le plus de nouveaux logements lors de cette législature ?
Qui a octroyé le plus de nouveaux logements lors de cette législature ?
Quelle commune a accéléré ou ralenti la cadence en matière d’octroi de permis lors de cette législature ? Des résultats qui peuvent parfois être surprenants. Si ces évolutions peuvent être liées au développement d’importants projets immobiliers, certains blocages politiques ne sont pas à exclure.
Texte et photo : Xavier Attout
Quelle commune a accéléré ou ralenti la cadence en matière d’octroi de permis lors de cette législature ? Des résultats qui peuvent parfois être surprenants. Si ces évolutions peuvent être liées au développement d’importants projets immobiliers, certains blocages politiques ne sont pas à exclure.
Texte et photo : Xavier Attout
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Grez-Doiceau, La Hulpe, Nivelles, Perwez, Chastre, Walhain ou encore Ottignies-Louvain-la-Neuve. Voilà autant de communes du Brabant wallon qui ont sérieusement diminué l’octroi de permis d’urbanisme pour de nouveaux logements ces dernières années. C’est ce qui ressort des chiffres fournis par GeoConsulting pour Espace-vie. Ce bureau spécialisé en géomarketing, datas et intelligence artificielle dans l’immobilier a comparé les données des permis d’urbanisme relatifs à la construction de bâtiments résidentiels au cours des deux dernières mandatures : celle allant de 2012-2018 et celle qui se termine (2018-2024). « En examinant le nombre moyen de logements octroyés par an par commune et en comparant celui-ci d’une mandature à l’autre, nous pouvons mettre en avant les communes ayant connu les plus fortes évolutions en pourcentage ou en valeur absolue, précise Antoine Brismé, directeur de projet chez GeoConsulting. Cela permet également de mettre en évidence la dynamique actuelle en matière de permis dans chaque commune. Des éléments qui peuvent être très éclairants ! » Ajoutons que les rénovations ne sont pas comprises dans ces chiffres.
Des blocages politiques ?
Quand on regarde cela d’un peu plus près, on voit que les communes situées le long de la frontière linguistique et proches de Bruxelles sont en net recul. Dans certains cas, cela s’explique assez aisément. À Rixensart par exemple, c’est lié à l’octroi de permis dans le cadre du projet des Papeteries de Genval, ce qui avait entrainé une hausse statistique exceptionnelle. Dans d’autres, des facteurs extérieurs ont semble-t-il joué. « Ce sont des chiffres interpellants mais qui peuvent trouver des explications, relève Pierre Huart, le bourgmestre de Nivelles, qui a vu chuter son nombre de logements octroyés chaque année, passant de 178 à 91 unités. Depuis la crise du Covid, nous voyons clairement que les gens deviennent beaucoup plus sédentaires. Ce qui entraine un important frein en matière de demande de permis. Cela se traduit d’ailleurs dans l’évolution du nombre d’habitants qui a été très faible ces dernières années. Par ailleurs, nous avons concentré notre développement sur les sites désaffectés, ce qui prend plus de temps pour les promoteurs. »
Autre chute, à Ottignies, qui est passée de 191 à 118 logements octroyés chaque année. « Je le comprends, lance Julie Chantry, bourgmestre d’Ottignies-Louvain- la-Neuve. De nombreux permis d’envergure avaient été octroyés lors de la législature précédente (2012-2018), que ce soit pour Esprit Courbevoie, Agora Resort, en face du lac, à Louvain-la-Neuve ou pour plusieurs projets au Stimont. Lors de cette législature, nous avons surtout fait progresser de grands dossiers comme Samaya, les Bétons Lemaire ou Athéna. Cela prend du temps. Tous des dossiers dont les permis pourraient être octroyés lors de la prochaine législature. Il n’y a en tout cas pas de blocage de notre part. »
Court-Saint-Etienne, Tubize et Genappe en hausse
Reste que, quoi qu’on en dise, ces diminutions peuvent également avoir d’autres explications que de simples longueurs de procédures. « Ce qui est interpellant dans les diminutions que l’on observe d’une mandature à l’autre, c’est que ce ne sont pas les promoteurs privés qui se sont désintéressés du Brabant wallon, estime Antoine Brismé. L’attrait pour la province ne se dément pas. Les prix de vente restent très attractifs pour des développeurs immobiliers, ce qui n’est pas le cas dans toutes les provinces wallonnes. Ces diminutions de permis peuvent donc notamment s’expliquer par une volonté des autorités de fermer certains robinets et par des réalités toujours plus complexes qui allongent notamment les durées d’études et d’octrois de permis. »
À contrario, quelques communes ont connu un emballement en matière de délivrance de permis. Les progressions les plus marquantes étant à retrouver à Court-Saint-Étienne, Tubize et Genappe. Tubize est notamment passé d’une moyenne annuelle de 123 à 228 unités.
Évolution variable des appartements
Autre élément à relever, la part de plus en plus importante prise par les appartements dans les demandes de permis. On savait que la typologie des logements avait nettement évolué ces dernières années, cela se confirme également ici dans les chiffres. À Court-Saint-Étienne par exemple, alors qu’il n’y avait que 7 appartements octroyés chaque année, ce chiffre est monté à 32 unités lors de cette législature. Même situation à Genappe qui double sa proportion en six ans (14 à 28). La hausse la plus importante en nombre absolu est à retrouver à Tubize, qui passe de 79 à 180 unités. Dans l’autre sens, la chute la plus vertigineuse est à retrouver à Nivelles, qui passe d’une moyenne de 129 appartements à 35. Coup d’arrêt également assez net à Ottignies-LLN, Waterloo et La Hulpe, cette dernière passant de 25 à 7 appartements. « Il semble qu’il y ait un net ralentissement des projets d’appartements après avoir assisté à un emballement lors de la précédente décennie, lance Antoine Brismé. Reste à voir s’il s’agit d’une tendance de fond ou d’une évolution temporaire. »
Ce qui est interpellant dans les diminutions que l’on observe d’une mandature à l’autre, c’est que ce ne sont pas les promoteurs privés qui se sont désintéressés du Brabant wallon. Antoine Brismé, GeoConsulting
UNE « PAUSE BÉTON » QUI PREND DE L’AMPLEUR
Le vent de la colère monte dans certaines communes du Brabant wallon. En cause, dans la plupart des cas, une urbanisation jugée trop excessive et trop rapide de leur territoire. Et le plus souvent, estiment les opposants, sans vision globale du développement de leur commune et de prise en compte des enjeux sociétaux. Beauvechain, Chaumont-Gistoux ou encore Tubize concentrent notamment les oppositions.
À Beauvechain, un collectif citoyen rassemblant six associations demande la suspension de tout projet d’envergure, le temps que le pouvoir communal établisse un Schéma d’orientation local (SOL) à Hamme-Mille. « Il y a une multitude de projets à Beauvechain, pointe Jean-Luc Lecluse, habitant de Hamme-Mille et membre de ce comité. Leur gestion au cas par cas n’envoie pas un bon signal et est une menace pour nos villages. Hamme-Mille rassemble par exemple dix projets ambitieux et d’autres se profilent à l’horizon. Je pense que nous avons une vraie part de responsabilité dans les choix urbanistiques et de développement du centre d’Hamme-Mille. Nous voudrions que ce ne soit pas les promoteurs qui dictent le devenir de notre village. » Et le citoyen de lister les désagréments : « Si tous ces projets sortent de terre, la densité va s’envoler et nous serons confrontés à de sérieuses nuisances. Le point de non-retour sera alors malheureusement franchi. Il est nécessaire de mettre « le béton en pause » le temps d’établir le SOL et d’écouter les citoyens. »
À Tubize, les envies sont similaires. Notamment de la part des groupes d’opposition présents au conseil communal. Un moratoire de trois ans a en tout cas été décrété par les autorités pour tous les projets immobiliers d’envergure. Le temps de finaliser la révision de leur Schéma de développement communal.
Du côté de Chaumont-Gistoux, de nombreux projets immobiliers sont aujourd’hui sur la table, suscitant un large mouvement d’opposition de la part de citoyens. Que ce soit le projet Tout-Vent (Immobel, 60 logements), le projet des Daims (Diversis, 52 logements), Boissonnet (Burco et JCX, 54 appartements) ou d’autres encore. Ils reçoivent pour la plupart actuellement une fin de non-recevoir.
Ajoutons que le réseau Occupons le terrain vient de lancer une campagne de sensibilisation pour exiger un Stop béton « rapide et radical. » Ils demandent notamment « une révision du plan de secteur à l’échelle wallonne d’ici 2030, afin de protéger définitivement les terrains définis comme constructibles mais présentant un intérêt environnemental et/ou agricole. »
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