Quel avenir commercial pour les centres-villes ?

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La place du commerce dans les centres-villes est un sujet de tension depuis de nombreuses années. La multiplication ces cinquante dernières années des centres commerciaux et autres retail parks (ces espaces commerciaux aménagés en périphérie des villes) ayant été l’un des facteurs qui est considéré par les autorités comme ayant mis à mal la dynamique commerciale de bon nombre de villes du Brabant wallon. Et qui a également entaché le territoire wallon via une dispersion des fonctions au détriment d’un meilleur aménagement du territoire rassemblant logement, bureau, sport, culture et commerce dans un rayon proche.

La situation évolue toutefois. Le Gouvernement wallon a décidé en début de législature via sa Déclaration de Politique Régionale (DPR) de ramener le commerce en centre-ville. Ceci avait déjà été inscrit dans le schéma de développement du territoire qui prévoit d’« autoriser les ensembles commerciaux de plus de 2 500 m2 uniquement dans les centres-villes et plus en périphérie, sauf à démontrer qu’une installation périphérique ne porte pas préjudice aux commerces dans les noyaux urbains environnants. » Deux ans plus tard, la dynamique a déjà quelque peu changé. « Le frein a clairement été tiré sur le commerce de périphérie, explique Gilles Delacroix, conseiller juridique chez D-Sight. Les projets se raréfient. On sent qu’une nouvelle dynamique apparait. Les communes et le fonctionnaire des implantations commerciales, les deux seuls décideurs en la matière, suivent également de plus en plus la vision du Schéma de développement du territoire. Reste que le texte n’est aujourd’hui toujours pas applicable, et que cette dynamique ne dépend donc que des autorités qui la décident. »

De nombreuses communes du Brabant wallon tentent en tout cas actuellement de redynamiser la fonction commerciale de leur centre-ville. Les derniers chiffres de l’AMCV (Association de management du centre-ville) le démontrent d’ailleurs, elle qui dénombre chaque année les cellules commerciales vides dans les centres urbains : Braine-l’Alleud (de 24,6 % en 2020 à 20,6 % en 2021), Nivelles (de 18,8 % à 14,6 %), Wavre (18,6 % à 18,4 %), Jodoigne (de 14,6 % à 12,2 %), Waterloo (7,8 % à 10,1 %), Louvain-la-Neuve (de 3,1 % à 1,2 %). « Les communes disposent d’outils tels que le schéma communal de développement commercial pour améliorer la situation, fait remarquer Gilles Delacroix. Mais si elles souhaitent régler ce problème, peu ont une stratégie claire sur le sujet. Elles abordent souvent le dossier en fonction de certaines enseignes et non d’une manière globale. D’autant plus que le droit ne peut pas résoudre tous ces enjeux : la politique des implantations commerciales doit être accompagnée d’une réflexion sur l’aménagement de l’espace, la mobilité et le marketing. »