Xavier Attout

Comme toute la Belgique, le petit monde de l’urbanisme, de l’immobilier et de la construction vit au ralenti ces derniers jours. La plupart des grands chantiers sont à l’arrêt, les enquêtes publiques sont suspendues ou reportées et les délais de traitement des demandes de permis de bâtir sont, depuis ce jeudi 26 mars, suspendus jusqu’à nouvel ordre en Wallonie. Un coup d’arrêt important pour un secteur dont l’activité battait son plein ces derniers mois. Et dont la plupart des indicateurs étaient au vert.

La reprise économique et urbanistique comporte pour l’heure son lot d’incertitudes. Personne ne sait encore prédire quand elle se matérialisera. Si le confinement se prolonge, nul doute en tout cas que la reprise sera compliquée pour les services Urbanisme des différentes communes du Brabant wallon. Aux demandes de permis en cours et à celles encore non-traitées, s’ajouteront toutes les nouvelles demandes. Embouteillages à prévoir donc.

L’autre élément à suivre de près concerne la manière dont chacun ressortira de ce confinement forcé. Il est évident que passer ses journées dans sa villa quatre façades et son grand jardin entraine une perception différente de la situation que lorsque l’on est coincé dans un étroit appartement sans balcon. A l’heure où la Wallonie ne cesse de marteler qu’il faut densifier le territoire et réduire l’étalement urbain, le coronavirus pourrait faire évoluer les réflexions de certains. De là à mettre un frein à la politique en vigueur depuis près de 15 ans ? De même qu’aux tendances de réduire la taille des appartements et de multiplier les espaces partagés dans un immeuble ? Ces questions semblent trop vastes à appréhender aujourd’hui mais pourraient néanmoins alimenter certains débats dans les prochains mois.