On construit de moins en moins en bois
On construit de moins en moins en bois
Dans sa dernière enquête bisannuelle sur la construction bois en Belgique, l’ASBL Hout Info Bois pointe un recul du nombre de bâtiments construits en bois l’an dernier. Sans parvenir à l’expliquer. Pourtant, le bois est aussi pérenne que la brique et son usage dans la construction est plus durable.
Dans sa dernière enquête bisannuelle sur la construction bois en Belgique, l’ASBL Hout Info Bois pointe un recul du nombre de bâtiments construits en bois l’an dernier. Sans parvenir à l’expliquer. Pourtant, le bois est aussi pérenne que la brique et son usage dans la construction est plus durable.
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En 2024, il s’est construit moins de bâtiments en bois en Belgique que les années précédentes. L’ASBL Hout Info Bois, qui publie une grande enquête bisannuelle sur la construction bois depuis 2011, relève même qu’il s’agit d’une première. À l’échelle wallonne, la baisse du nombre de bâtiments construits en bois s’observe depuis 2021 déjà, et se confirme en 2024.
Les causes de ce recul national sont multiples, avance l’association. À commencer par une diminution de l’activité dans le secteur de la construction au sens large, nourrie par l’augmentation du cout de la main-d’œuvre, l’impact de la crise énergétique, la hausse des taux d’intérêt hypothécaires ou encore celle du prix des matériaux de construction – quoique, à ce titre, épingle Hout Info Bois, le bois est l’un des seuls à avoir retrouvé son prix d’avant la crise sanitaire.
Outre ces considérations générales, Hugues Frère, le directeur d’Hout Info Bois, n’identifie aucune tendance particulière permettant d’expliquer cette baisse de régime du bois. Il y a bien les biais et préjugés dont souffre cette niche de la construction en Belgique. Mais cela a toujours été le cas, déplore-t-il. «Le Belge a une brique dans le ventre. Construire en briques, en dur comme on dit, est un réflexe chez nous. Le bois est encore perçu à tort comme étant moins solide et donc, moins pérenne.»
« C’est en réalisant des bâtiments emblématiques que l’on parviendra à casser les aprioris et à encourager l’usage du bois.»
Hugues Frère, directeur d’Hout Info Bois.
Qu’entend-on par construction en bois ?
L’association Hout Info Bois définit la construction bois comme tout bâtiment dont la structure verticale est au moins partiellement réalisée en bois. Elle distingue plusieurs systèmes constructifs tels que l’ossature bois, le CLT (Cross-Laminated Timber), le bois massif empilé et les poteaux-poutres.
Des maisons en bois de plus grande ampleur
En Brabant wallon, Hugues Frère estime que le contexte socioéconomique est plus favorable à l’usage du bois dans la construction qu’ailleurs. Pas tant en raison d’une conscience environnementale et d’une prise de position écologique que l’on pourrait attendre d’une population qui se distingue par un taux élevé de diplômés de l’enseignement supérieur. «Je ne crois pas trop à cela, malheureusement. Notamment parce que le réchauffement climatique concerne tout le monde, ou devrait concerner tout le monde», note-t-il. C’est plutôt une question de pouvoir d’achat, qui est sensiblement supérieur dans les deux Brabants par rapport aux autres provinces du pays. «Or, construire en bois entraîne un léger surcout par rapport à la maçonnerie traditionnelle», indique le directeur d’Hout Info Bois. La preuve, assure-t-il, c’est que les constructions en bois sont de plus grande ampleur dans la Jeune province et que les systèmes constructifs en bois comme le CLT y sont un peu plus représentés qu’ailleurs. «Il s’agit de panneaux de bois lamellés-croisés, détaille Hugues Frère. C’est un procédé un peu plus couteux mais très performant en matière d’efficacité, de portée, et donc, d’aménagement de grandes ouvertures dans les projets qui y ont recours.»
Avec ceci que ces observations concernent uniquement la construction privée. «Pour ce qui a trait à la construction publique ou, à tout le moins, non résidentielle, voire non unifamiliale, il y a très peu de bâtiments en bois, affirme l’expert. Ce qui est vraiment dommage car c’est en réalisant des bâtiments emblématiques comme la Gare maritime à Bruxelles ou le Comptoir forestier à Marche-en-Famenne que l’on parviendra à casser les aprioris et à encourager l’usage du bois.» Les pouvoirs publics devraient montrer l’exemple, ajoute-t-il, ne fût-ce que pour honorer les engagements durables pris aux niveaux régional et national.
Un bois d’origine européenne
Le bois utilisé dans la construction est essentiellement résineux : épicéa, Douglas, pin sylvestre, mélèze. La Belgique produit environ la moitié de sa consommation de bois. L’autre moitié provient d’autres pays européens. « La forêt européenne ne cesse de croître, rassure Hugues Frère. Cela signifie que la construction bois n’exerce pas de pression sur la ressource. » Pour le reste, la quantité de bois tropicaux importés en Belgique est « très faible, inférieure à 10 % ».
Quelques bâtiments emblématiques
Dans cette poignée de bâtiments construits en bois qui méritent le détour en Brabant wallon, Hugues Frère pointe l’immeuble de bureaux Mundo, livré en 2024 à Louvain-la-Neuve (arch. A2M). «C’est un bâtiment intéressant. Une partie de sa structure est métallique mais composée d’éléments de récupération qui proviennent de la déconstruction.» Le hall sportif du Collège du Christ-Roi à Ottignies, hissé au-dessus de la voie ferrée reliant Bruxelles à Luxembourg dès 2013 (arch. Alexandre Lefèvre, Atelier 4D), retient aussi son attention. «La légèreté du bois autorise cette véritable prouesse technique qui met en valeur les qualités du matériau», souligne-t-il, arguant que le bois est presque cinq fois plus léger que le béton. Mais la figure de proue historique de la construction en bois brabançonne est le bureau Boulanger, signé par l’architecte Philippe Samyn à Waterloo en 1990, rappelle le directeur d’Hout Info Bois.
Dans un autre registre, Hugues Frère cite encore la place des Sciences, à Louvain-la-Neuve. «Dans un objectif de durabilité et de lutte contre le réchauffement climatique, la construction en bois est une des solutions, estime-t-il. De même que l’utilisation du bois de manière globale, dans le parquet, le mobilier, le bardage.» Dans le cas de la place des Sciences, quelque 75 m3 de chêne ont été mis en œuvre. «Cela équivaut à 75 tonnes de C02 stockées dans le sol de la place, et à peu près la même quantité qu’il n’a pas fallu émettre pour la recouvrir d’un autre matériau»
Incollable sur la construction bois
Hout Info Bois a pour mission d’accompagner les architectes, les professionnels du bois, les designers et le grand public en mettant à leur disposition des informations générales ou techniques sur le bois par le biais de publications, formations, conférences… L’association peut ainsi répondre à toute question sur la filière forêt-bois et ses activités, les essences de bois, leurs usages, l’entretien, les techniques de mise en œuvre, la conception…
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