Le regard de la culture 

Bénédicte Dawance

Le spectacle Nos cabanes proposé par Acétone Cie, en tournée en Brabant wallon dernièrement, questionne l’habiter au travers des espaces, des gens et du « nous », croise politique et poésie, crée la rencontre, fait l’éloge d’une simplicité de moyens et convoque la force du lieu. Né de l’essai de l’autrice, philosophe et sociologue française Marielle Macé, le spectacle entend nous emmener, le temps de la représentation, dans l’expérience d’un « nous » en interrogeant le « lieu », comme abri, comme refuge, en faisant lien à l’autre et au territoire. Une expérience éphémère qui se fait l’écho de l’existant. Telles les cabanes qui évoquent des imaginaires, qui, dans leur fragilité, racontent notre monde d’aujourd’hui et nous invitent à imaginer des façons de vivre dans un monde abimé. Les cabanes questionnent notre rapport au monde, au « déjà là », aux occupations ménageant le territoire. Loin de l’étiquette romantique qu’on pourrait leur coller, elles évoquent l’éphémère, la simplicité de moyens, l’écoute des particularités de chaque endroit. « Partir de ce qui est » : un propos de cet essai mis en scène avec brio par Sophie Lagier, joué par cette dernière en compagnie de Tristan Michel. Un spectacle qui transcende nos patrimoines ordinaires en nous invitant à adopter la position de l’écoute, de l’accueil et de l’échange.