Nivelles tourne la page d’un passé industriel 

Nivelles tourne la page d’un passé industriel 

Texte : Bénédicte Dawance

L’Ilot Saint-Roch

Il faut un peu fouiner pour retrouver les traces des fleurons industriels de la cité des Aclots, qui ont laissé place à d’importants projets résidentiels. Une mutation urbaine qui a de beaux jours devant elle, tant le patrimoine foncier hérité des activités économiques disparues est important. Ici, la fonction économique reste pourtant une fonction essentielle.

Il faut un peu fouiner pour retrouver les traces des fleurons industriels de la cité des Aclots, qui ont laissé place à d’importants projets résidentiels. Une mutation urbaine qui a de beaux jours devant elle, tant le patrimoine foncier hérité des activités économiques disparues est important. Ici, la fonction économique reste pourtant une fonction essentielle.

Texte : Bénédicte Dawance

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Il n’y a pas si longtemps, le centre de Nivelles vivait au rythme de ses grandes entreprises : la Brugeoise de Nivelles, les usines Jules Vanderborght, les ateliers Lambert, les ateliers Peduzzi, les établissements Chantrenne, Cross-Lazer, les papeteries Arjo Wiggins, la brasserie Duvieusart… Toutes étaient localisées à moins d’un kilomètre de la collégiale. On l’imagine, cette ambiance urbaine marquée par le travail. Les locaux les plus âgés, eux, s’en souviennent. Ici, c’était le bureau du directeur, là on accédait à l’entreprise qui traversait tout l’ilot.

Aujourd’hui, ces activités ont déserté le centre-ville, libérant d’importants sites en quête d’une nouvelle histoire. L’une des opérations phares de cette rénovation urbaine est celle de la rue de Namur qui a vu la transformation des ateliers Peduzzi, actifs dans la fabrication de panneaux de signalisation. Le programme restructure tout un intérieur d’ilot en maillant trois rues. Logements, commerces, espaces publics y sont aménagés, formant un complexe public et semi-public. Si ce morceau de ville a souffert un temps d’insécurité, les choses semblent à présent apaisées.

Le quartier Saint-Roch est, lui, toujours pour partie en chantier. Ce vaste terrain, occupé jadis par la Brugeoise de Nivelles, est redessiné en un ensemble majoritairement résidentiel, en prenant soin de mailler les voiries, garantir l’accès au Ravel, accueillir une fonction économique à venir.

Dans les cartons, il y a le vaste site de Val de Thines, aux confins de la cité, occupé autrefois par les papeteries Arjo Wiggins. Les enjeux y sont multiples : organiser une entrée de ville, concevoir un espace public majeur pour combler une carence, compléter l’offre en équipements, soigner les trames vertes et bleues et restaurer une nature dans les espaces habités. Le site des établissements Chantrenne, en plein cœur de ville, est lui aussi en devenir. L’espace généreux promet une programmation résidentielle importante. Il faudra néanmoins opérer ces mutations pas à pas, sans omettre l’ensemble des fonctionnalités urbaines, notamment la mobilité qui reste un épineux problème.

Il faudra néanmoins opérer ces mutations pas à pas, sans omettre l’ensemble des fonctionnalités urbaines.

Une activité économique qui a changé de visage

Le départ des entreprises du cœur de Nivelles n’a pas pour autant sonné le glas de son attractivité économique, loin de là. La situation nivelloise illustre bien la transformation du tissu économique du Brabant wallon. L’activité gravitant autour des centres urbains les a délaissés pour préférer des implantations en bordure du réseau autoroutier. Il faut ajouter à cela la tertiarisation d’une part de l’économie brabançonne pour saisir les logiques de localisation des entreprises qui s’imposent désormais, faisant la part belle à l’accessibilité automobile. Le développement de l’activité au sein des zonings de Nivelles, Sud et Nord, demeure intense, témoignant du dynamisme entrepreneurial de la province. L’optimisation spatiale s’impose toutefois ici aussi, invitant à restructurer des parcelles et à mener des opérations de densification d’entreprises.

Laisser des traces

Que reste-t-il de l’effervescence économique nivelloise d’autrefois ? Pas grand-chose, il faut l’admettre. Un travail de mémoire a été mené par le Centre culturel de Nivelles dans le cadre du projet « Fragment » : une exposition, un spectacle, ainsi qu’une balade et une conférence coorganisées avec notre Maison de l’urbanisme en avril. « Il s’agissait surtout de bâtiments fonctionnels sans qualité architecturale ou constructive. De plus, la pollution du sol a souvent rendu la démolition nécessaire. Peut-être que les choix seraient différents aujourd’hui. Le réemploi n’était pas à l’ordre du jour à l’époque », concède Chantal Vincent, autrice de projet du Val de Thines, également partie prenante de la réflexion sur la réhabilitation du site de la Brugeoise au quartier Saint-Roch, qui s’est exprimée lors de la conférence.