L’urbanisme à l’ère des datas
Les datas sont partout aujourd’hui. Des données librement accessibles qui peuvent permettre aux communes, aux associations et aux acteurs de l’aménagement du territoire de mieux comprendre les enjeux de chaque territoire et de définir de nouvelles stratégies territoriales.
Texte : Xavier Attout - Photos : D.R.
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Pour certains, il s’agit de chiffres et de lignes interminables d’un tableau Excel. Pour d’autres, un terrain de jeux passionnant qui permet de saisir les tendances et évolutions d’un domaine en particulier. Les datas sont partout aujourd’hui. Elles révolutionnent les approches. L’urbanisme et l’aménagement du territoire n’y échappent bien évidemment pas. Un constat qui peut s’étendre à de multiples domaines : environnement, développement économique, mobilité, habitat, commerce ou encore démographie. « L’exploitation de données devient incontournable et il faut s’y intéresser, relève Géry de Biourge, qui a créé le bureau d’études et de conseils en environnement Advista. Le traitement de ces données peut faciliter et accélérer l’analyse des projets d’urbanisme. Même s’il faut savoir les utiliser à bon escient. L’intelligence artificielle doit également faire l’objet d’une attention particulière. »
De plus en plus de bureaux d’études, d’intercommunales et de communes utilisent des données pour planifier, conforter, adapter ou orienter leurs projets. Cela peut concerner la fréquentation d’une ligne de bus, le nombre de véhicules qui circulent en centre-ville pour instaurer une zone à vitesse limitée, la répartition de l’implantation d’arbres pour lutter contre les ilots de chaleur ou encore la fréquentation de certaines zones pour aménager des espaces publics.
La combinaison de sources de données ouvertes (open data), qu’elles soient publiques ou privées, mêlées à des outils comme l’intelligence artificielle permettent en tout cas d’analyser un volume considérable de données plus rapidement et plus précisément. « L’IA apporte de la précision sur le diagnostic de l’urbanisme existant et la possibilité de faire des simulations de scénarios prospectifs pour anticiper et éclairer les projets futurs, indique Benoit Parmentier, directeur de la Transition numérique et durable au sein de l’intercommunale du Brabant wallon in BW. Si elle est bien utilisée, elle peut avoir une vraie valeur ajoutée. » Ces outils permettent en tout cas de faire émerger d’autres approches de l’urbanisme voire de découvrir des usages insoupçonnés. Comme relever la fréquentation des bâtiments via la consommation d’eau ou d’énergie de même que la découverte d’ilots de chaleur quand on analyse le déficit de végétation. « Et pour le Brabant wallon, nous pouvons déjà par exemple consulter en direct le niveau de fréquentation des recyparcs de même que connaitre le taux de remplissage des containers », ajoute Benoit Parmentier.
L’exploitation de données devient incontournable et il faut s’y intéresser. Le traitement de ces données peut faciliter et accélérer l’analyse des projets d’urbanisme.
Géry de Biourge, Advista
e-zy BW s’ouvre aux communes
Avec le lancement du portail « e-zy BW », le Brabant wallon veut aller un cran plus loin dans l’utilisation et le traitement des données issues du secteur public. L’objectif est de les rendre les plus accessible possible au plus grand nombre. in BW s’est vu confier la mission de « faciliter l’accès aux données publiques libres de droit (Open Data) en Brabant wallon » par l’Agence du Numérique et la Wallonie, dans le cadre de la stratégie « Digital Wallonia ». « Cette mission nous permet de confirmer notre souhait d’accompagner les communes dans leur transition numérique, explique Christophe Dister, président d’in BW. La définition d’une stratégie territoriale basée sur la donnée, la mise en format exploitable et le partage de ces données libres de droit font partie intégrante de cette transition. Ouvrir les données d’une administration offre des opportunités d’innovation, de transparence et d’amélioration de la gouvernance. L’exploitation créative de ces données renforce aussi la confiance du citoyen en favorisant une meilleure prise de décision au sein des pouvoirs locaux. »
e-zy BW cible les entreprises, les pouvoirs locaux et les citoyens. Chacun et chacune ayant des besoins et des aspirations différentes. « En matière de planification urbaine et d’aménagement du territoire, la multiplication de données permettra une analyse précise et une prise de décisions « éclairée » pour le développement des territoires, la gestion des infrastructures ou encore la préservation de l’environnement, détaille Benoit Parmentier. En matière de durabilité, cela permettra le renforcement de la résilience des territoires face aux défis tels que le changement climatique, la planification adaptative ou encore les mesures de prévention des risques. Le but est vraiment d’informer un maximum sur les ressources disponibles sur le territoire et d’ensuite, pour ceux qui le souhaitent, en tirer des enseignements pour établir des nouvelles stratégies. En France, il est par exemple possible de découvrir en quelques clics le niveau PEB de toutes les maisons. C’est hyper intéressant car cela permet de cibler les actions à effectuer sur le plan énergétique, d’orienter les politiques, etc. »
La plateforme va maintenant s’enrichir de données multiples venant d’in BW, des communes, de la Province et d’autres acteurs publics. Parmi les données qui seront prioritairement diffusées, on retrouvera des informations relatives à la gestion de l’eau (réseaux d’égouts, collecteurs d’eaux usées, stations d’épuration, cours d’eau, bassins d’orage), à la gestion des déchets (calendriers des collectes, bulles à verre, horaires et affluence dans les recyparcs, données de production de déchets), aux biens immobiliers, aux entreprises implantées dans les parcs d’activités économiques, à la localisation des commerces locaux et des cellules commerciales libres, au réseau cyclable ou encore à la cartographie des bornes de recharge pour véhicules électriques
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