Les multiples vies des bureaux Mundo
Les multiples vies des bureaux Mundo
À Louvain-la-Neuve, la construction de l’immeuble de bureau Mundo destiné à accueillir des associations fait désormais office de modèle en matière de récupération de matériaux, de circularité et de construction écoresponsable. Un chantier novateur en Wallonie.
Texte et photo: Xavier Attout
À Louvain-la-Neuve, la construction de l’immeuble de bureau Mundo destiné à accueillir des associations fait désormais office de modèle en matière de récupération de matériaux, de circularité et de construction écoresponsable. Un chantier novateur en Wallonie.
Texte et photo: Xavier Attout
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L’ancien quartier général du club de voile de Louvain-la-Neuve semble bien loin. En lieu et place dorénavant, un immeuble complètement rénové et agrandi qui rassemble des espaces de travail durables pour « associations à impact et ONG ». Le centre Mundo LLN a ouvert ses portes il y a quelques mois. Il s’agit du sixième centre Mundo (après Bruxelles, Namur et Anvers). Mundo lab est spécialisée dans la mise à disposition de bureaux privatifs écoresponsables destinés « aux acteurs du changement ». Un long chemin parcouru en plus de quinze ans. « Quand nous avons lancé notre premier centre à Bruxelles, nous n’avions pas en tête l’idée d’en aménager d’autres, explique Frédéric Ancion, directeur et fondateur de Mundo. C’est toujours la demande, celle des organisations et associations, qui a guidé notre expansion. Elles avaient cette envie de se rassembler dans un immeuble rénové de manière responsable, en utilisant des matériaux de construction exemplaires en matière de circularité. L’éco-gestion est aussi un principe recherché dès le départ de l’aventure. Après cette première ouverture, une seconde a suivi un an après, à Namur, car la demande était importante. Les autres ouvertures se sont ensuite davantage étalées dans le temps. »
Une démarche environnementale globale
L’intérêt des centres Mundo est de fournir des bureaux de qualité à une communauté qui partage les mêmes valeurs sociétales. Et le vivier reste encore aujourd’hui important, surtout à Bruxelles. « Nous étudions l’idée d’ouvrir un nouveau centre, le quatrième à Bruxelles, à proximité de la place Sainte-Gudule. La demande des organisations reste encore très importante. Quant aux perspectives de développement en Wallonie, elles sont plus modérées. Liège nous intéresse mais un centre du même type vient d’ouvrir et l’idée n’est pas de leur faire concurrence. Charleroi pourrait être une piste. En Flandre, nous songeons à Gand. Mais l’objectif n’est pas de grandir pour grandir. »
Les centres Mundo fournissent des bureaux de qualité à une communauté qui partage les mêmes valeurs sociétales.
La plupart des centres sont aujourd’hui rentables. La taille de chaque entité affectant à la hausse ou à la baisse la rentabilité. « À l’avenir, nous pourrions nous tourner vers la conception de centres de séminaires situés à la campagne. Ils seraient destinés aux associations. Il existe une demande pour organiser des mises au vert dans un cadre attrayant, dans un immeuble qui a bénéficié d’une éco-rénovation. Ce serait une bonne alternative pour nos membres. »
Des bureaux modulables
À Louvain-la-Neuve, les bureaux (2 300 m2) sont dorénavant la nouvelle vitrine des centres Mundo. Situés à l’entrée de la cité universitaire, en face du quartier Courbevoie, non loin de la gare, les deux bâtiments (la ferme rénovée et une nouvelle construction) sont un modèle du genre en termes d’écoconstruction. « Dans une série de domaines, nous avons pu aller plus loin que dans nos autres centres. C’est la première fois par exemple que l’on installe la géothermie. La récupération et la réutilisation des matériaux a également été poussée. Enfin, même si la parcelle était petite, nous avons pu aménager des espaces verts spacieux et un grand parking pour vélos. Il y a une vraie demande de nos membres pour ces espaces extérieurs. » Relevons que la structure porteuse du bâtiment a été réalisée avec une ossature en acier récupéré. Alors que ce soient les faux plafonds, les planchers, les portes, les luminaires ou encore le mobilier, il s’agit de matériaux récupérés. Pointons aussi que tous les aménagements sont modulables. « En termes d’aménagement de bureau, les tendances ont nettement évolué par rapport à l’ouverture de nos premiers centres. Si les bureaux privatifs avec cloisons sont toujours demandés, un accent bien plus important est mis sur les espaces communs, avec des espaces plus polyvalents. Les collaborateurs viennent pour se retrouver, se réunir et ont donc besoin d’espaces pour déployer leur créativité. Il y a également beaucoup plus de cabines téléphoniques, de même qu’un restaurant. »
Enfin, ajoutons que le taux de rotation des locataires est très faible dans ce type de structure et les bureaux de Louvain-la-Neuve affichent pratiquement complets.
Un parking à transformer si besoin
« En termes de réemploi et de circularité, nous avons été extrêmement ambitieux », explique Julien Willem, project manager chez Mundo jusqu’en février dernier et expert en la matière. « Nous avons dû faire appel à de nombreux corps de métiers différents pour atteindre nos objectifs. C’est chronophage mais le résultat en vaut la peine. »
La filière du réemploi existe mais est encore trop méconnue par les sociétés ou autres organisations qui se lancent dans une rénovation d’envergure. « Les possibilités sont pourtant gigantesques. Nous avons choisi nos portes dans un stock de 150 portes similaires. Les cloisons en verre, le plancher, les sanitaires, le câblage électrique : autant d’éléments récupérés. Toutes les pièces sont modulables avec des parois amovibles. Pour le parking sous-terrain, il a été conçu pour accueillir – si besoin – d’autres fonctions comme des ateliers. Il suffit de faire tomber certaines parois et de décaisser le terrain. C’est une stratégie novatrice mais qui est essentielle aujourd’hui dans la conception des immeubles de bureau. Pour y parvenir, les architectes doivent faire preuve d’ingéniosité. Ils sont des partenaires indispensables pour changer de paradigme. »
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