Les multiples acteurs d’un projet architectural
Quels sont les acteurs impliqués dans la conception et la réalisation d’un projet d’architecture d’envergure ? Nous avons dressé la liste des acteurs incontournables pour réussir un tel chantier. On y découvre la multiplicité des approches, des procédures et la complexité de la démarche.
Texte : X.A. - Infographie : Sylvie Renard
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La simulation ci-dessous concerne le trajet d’une demande de permis pour un projet mixte de grande envergure, comme la construction d’un ensemble comprenant plus de 50 logements, des commerces et des équipements. Elle implique donc la collaboration de nombreux professionnels spécialisés. Ce trajet dépend bien évidemment de la situation du terrain tant sur le plan juridique que contextuel.
1. Demandeur
C’est soit un promoteur immobilier soit une institution publique. Le demandeur généralement l’ensemble des démarches nécessaires à sa réalisation, de l’acquisition du terrain jusqu’à la vente des logements. Il définit également les équilibres financiers et commerciaux et assure la coordination des équipes. Il assume l’entière responsabilité du projet. Selon la complexité des projets, il est amené à se doter des compétences juridiques et autres. Dans certains cas, des démarches urbanistiques préalables sont nécessaires pour mettre en oeuvre une zone du plan de secteur ou construire sur un terrain. Le demandeur peut les initier et collabore avec un bureau d’études en urbanisme et les pouvoirs publics pour mener à bien ces démarches.
2. L’architecte
C’est celui qui va concevoir le projet en fonction des attentes du demandeur et des principes urbanistiques requis. Chaque bureau dispose de sa propre identité, qui résulte de sa sensibilité vis-à-vis du contexte, de sa manière de concevoir les espaces ou encore de son approche constructive et du choix des matériaux. L’architecte va élaborer des plans détaillés des bâtiments et de ses abords, préparer le dossier de la demande de permis et coordonner le travail des autres professionnels impliqués.
3. Banquier
Certains demandeurs financent leur projet sur fonds propres mais la plupart du temps, il doit être financé par un tiers. Le banquier va évaluer la viabilité du projet via une analyse approfondie du marché local, de la demande pour le type de logements proposés et de la capacité du promoteur à le mener à bien. Il aide également le promoteur à structurer le financement du projet et à établir un montage financier. Il contrôle ensuite l’utilisation des fonds à chaque étape du projet.
4. Juriste spécialisé urbanisme
Son rôle est devenu incontournable au fil des années. Spécialisé en droit de l’urbanisme, il intervient en amont pour s’assurer que le projet respecte les lois et réglementations en vigueur. Il peut également être impliqué dans les négociations avec les autorités ou la gestion des recours. À noter, les pouvoirs publics ont eux aussi recours aux services des juristes experts en urbanisme pour les épauler dans les procédures.
5. Bureau d’études
Ces bureaux apportent leur expertise sur divers aspects techniques du projet (mobilité, études de sols, la gestion des eaux pluviales, etc.). Ils réalisent des études spécifiques et proposent des solutions techniques dans le respect des normes en vigueur. Il collabore à la rédaction des documents techniques liés à la demande de permis.
Environnement. Les bureaux d’études spécialisés en environnement évaluent quant à eux l’impact du projet sur l’environnement, veillent à la conformité avec les normes environnementales et proposent des solutions pour réduire les impacts du projet sur l’environnement.
Mobilité. Pour un projet résidentiel d’une certaine ampleur, l’analyse de l’accessibilité et des impacts sur la mobilité est cruciale. Un consultant en mobilité peut évaluer les besoins en termes d’infrastructures routières, de stationnement ou encore de transports publics. Il étudie également les flux de circulation et propose des solutions pour améliorer l’accessibilité et promouvoir la multimodalité du projet.
Techniques spéciales. L’ingénieur en construction est chargé de la faisabilité technique du projet et de la conception des infrastructures (routes, réseaux, fondations, structures des bâtiments, etc.). Il doit garantir la faisabilité technique et la sécurité du projet.
6. Paysagiste
Il conçoit l’aménagement paysager du projet, allant de la conception des espaces extérieurs (accès et espaces verts), du choix des essences végétales et de l’aménagement des dispositifs de gestion des eaux pluviales. Son travail est de plus en plus pris en compte ces dernières années, de manière à favoriser l’intégration du projet dans son contexte et lutter contre les effets du dérèglement climatique.
7. Expert en concertation publique
C’est un métier apparu ces dernières années : pour les projets d’envergure, il est de plus en plus courant de faire appel à des experts qui informeront et solliciteront l’avis des riverains lors de réunions préalables à la demande de permis. Cela peut prendre la forme de réunions d’information ou d’ateliers participatifs. Ces consultations publiques permettent de faire mûrir le projet et participent à leur acceptation.
8. Service urbanisme et fonctionnaire délégué
La nature du permis et l’identité du demandeur déterminent le niveau de pouvoir qui délivre le permis, entre le collège communal ou le fonctionnaire délégué. Les services administratifs (service urbanisme en collaboration avec les autres services) instruisent les dossiers en vérifiant leur complétude et leur conformité. Ils en font une analyse circonstanciée, tant sur l’opportunité que l’intégration du projet, qu’ils soumettent au collège ou fonctionnaire délégué qui décide en connaissance de causes, et, le cas échéant, demande des modifications.
9. Société de construction
Elle joue un rôle central dans la réalisation d’un projet. Elle rassemble différents métiers qui se succèdent sur le chantier. Une coordination des travaux est assurée du début à la livraison du bâtiment et de ses abords. Elle exécute des travaux selon les plans et les spécifications établis par les architectes, tout en tentant de respecter les délais, les budgets et les normes de qualité fixés pour le projet.
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