Les devenirs possibles  du Brabant wallon

Trois scénarios, trois hypothèses de devenir du Brabant wallon. De quoi susciter des réflexions diverses des participants à la soirée des 30 ans de la Maison de l’urbanisme qui s’est déroulée fin février. Entre utopie et dystopie.

Partage

Texte : Bénédicte Dawance - Illustrations : Clothilde Buvat

Mutualisation des aménagements et réinvention du collectif.
© Tuvab

Un anniversaire est souvent l’occasion de lever son verre et de regarder vers l’avant. C’est ce que nous avons fait il y a quelques semaines pour les 30 ans de notre Maison de l’urbanisme. Regarder vers l’avant avec, entre les mains, les traces façonnées par des décisions antérieures (pas toujours réjouissantes) qui ont été prises, comme pour entériner une histoire ancienne pour mieux écrire la suivante. C’est aussi se réjouir de ce qui se réalise autour de nous. Tour d’horizon des réflexions entamées par quelques participants autour de trois illustrations signées Clothilde Buvat. Une illustratrice qui a esquissé trois devenirs possibles pour le Brabant wallon.

1. La mobilité autrement

Questionner notre mobilité reste, inlassablement, un enjeu au goût du jour. Alors que peu de perspectives chiffrées rassurent sur le recul du nombre de véhicules motorisés et la quantité de kilomètres parcourus, la diversité des modes de déplacement est croissante. Questionnons-nous sur l’espace qui serait libéré si la surface utilisée par les voitures (en déplacement et en stationnement) était ne fusse que divisée par deux. Un gain en espace (vert ?) pour accueillir d’autres usages dans nos rues, découvrir de nouveaux visages pour nos quartiers. Si la mobilité alternative se déploie, va-t-elle pour autant satisfaire aux objectifs de réduction de l’étalement urbain ? Donner une vision forte pour une autre mobilité, comme l’image l’illustration, permet de projeter un devenir possible, presque à portée de main. Reste à s’inscrire dans un calendrier réaliste de travaux et profiter de ces derniers pour entrainer dans leur sciage tout un renouvellement urbain et un changement progressif de nos habitudes de déplacement. C’est le pari fait par le RER (il faut le rappeler) et par les cyclostrades… Comme le souligne l’échevine en charge de la mobilité à Court-Saint-Etienne, entre mise en oeuvre d’infrastructures et changement de nos habitudes de déplacement, c’est « l’oeuf ou la poule ». Le tout, en faveur d’une vision commune d’une territoire décarboné.

La mobilité réorganisée

2. La mutualisation

Ici, les choses sont limpides, précises : l’étalement urbain, c’est f-i-n-i ! Le cordon est tracé et on se débrouille à l’intérieur du périmètre sacré. Au royaume de la débrouillardise, on transforme, on superpose, on mutualise, on revoit le sens de la propriété individuelle, on réinvente comment habiter ensemble. Pas si futuriste que cela pour certains de nos invités qui se sont penchés sur cette illustration, l’imaginant même plausible. Les projets qui réinventent le collectif sont bien en train de naître sous nos yeux : tiers lieux, habitats groupés, colocations de tous genre, circuits courts… Et de se demander néanmoins, en Brabant wallon, comment renaturer les espaces urbanisés hors cordon, loin de tout. Va-t-on effacer la brique là où on l’a autorisée quelques décennies plus tôt ? « Pourtant, densifier, reconstruire les lotissements, en Brabant wallon, cela s’est déjà vu ! Je me souviens… » s’exclame un des compères. « Comme quoi, l’urbanisme est un SimCity interminable ! »

Mutualisation des aménagements et réinvention du collectif.

3. Le dérèglement

Place à une vision un brin apocalyptique, qui réveille pourtant nos mémoires. C’était il y a presque 3 ans : les inondations. Cette illustration met sous nos yeux l’urgence climatique. Elle met le doigt sur les causes et les effets de nos sols asséchés, érodés, les techniques agro-industrielles aussi progressistes que dévastatrices. On y verra toutefois des lieux de résistance et partout la présence de l’homme pour ne pas oublier qu’il reste au coeur de nos organisations, donc au coeur de la solution. Virginie, qui s’est prêtée au jeu de l’évocation, l’a bien souligné : « Ce qui se passe ici a des impacts ailleurs. La vulnérabilité n’est plus l’affaire de quelques territoires isolés ». Fallait-il encore nous en persuader. Il semble que oui.

Dérèglement climatique et inondations.