Le Brabant wallon, terre d’entrepreneuriat

Le Brabant wallon, terre d’entrepreneuriat

Le Brabant wallon a la densité entrepreneuriale la plus importante de Wallonie. Une dynamique qui profite à tout un territoire et un développement qui tient notamment aux structures d’accueil offertes aux jeunes entrepreneurs, quels qu’ils soient.

Texte : Solange Berger

Le Brabant wallon a la densité entrepreneuriale la plus importante de Wallonie. Une dynamique qui profite à tout un territoire et un développement qui tient notamment aux structures d’accueil offertes aux jeunes entrepreneurs, quels qu’ils soient.

Texte : Solange Berger

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Quelque 25.944 entreprises ont été créées en Région wallonne en 2024, selon l’Atlas du créateur, une publication annuelle de GraydonCreditsafe, UCM et UNIZO. Si la part du Brabant wallon n’est que de 15 %, avec 3.931 nouvelles entreprises (tous secteurs confondus, y compris les professions libérales), la province présente néanmoins la plus haute densité entrepreneuriale du sud du pays. Et de loin. On y dénombre 9,5 starters pour 1.000 habitants. La moyenne wallonne ne s’établit qu’à 7, pour 10,3 pour la Flandre et 12,6 pour Bruxelles. En outre, plus de quatre startups numériques wallonnes sur dix se situent en Brabant wallon, selon Digital Wallonia.

Cet esprit d’entreprendre tient-il du fait de la proximité avec la capitale et les aéroports, du niveau d’instruction élevé, de la présence de l’UCLouvain, du développement de quelques pépites (GSK, IBA, ODOO…), du niveau de richesse ? Un peu de tout sans doute. Entre en jeu également une infrastructure d’accueil de qualité pour ces starters. Notamment dans des parcs dédiés, en complément des possibilités qui existent dans les villes ou villages. « Tous ces éléments stimulent l’esprit d’entreprendre », constate Françoise Duplat, cheffe du service Expansion économique chez in BW, intercommunale spécialisée entre autres dans l’accueil des entreprises.
« Nous répondons à la demande émanant des entreprises. Certains starters commencent leur activité dans leur garage ou leur cuisine. Mais c’est omettre que cela peut devenir un problème s’ils veulent céder leur activité, celle-ci étant intimement liée au logement. Dans nos parcs, nous mettons à la disposition des entreprises un outil de travail qui augmente leur productivité », estime Geoffroy Dumonceau, chief development officer du développeur privé BVI.EU.

Des parcs d’affaires et des bureaux

Ces deux acteurs, comme d’autres, développent des parcs d’activités économiques. L’intercommunale en compte dix (pour une superficie de plus de 940 hectares). Le public y est mixte. « Mais la plupart sont des PME de 10 à 15 personnes. Pour les startups, nous proposons aussi des villages PME qui se sont développés au sein des parcs », indique Françoise Duplat.
Dans ses neuf parcs d’affaires situés en Brabant wallon, BVI.EU offre notamment un modèle standard d’unités équipées pour PME-TPE de 140 à 240 m². Ces espaces sont destinés à la production, au stockage, à l’artisanat… et comprennent régulièrement un espace bureau en mezzanine. « Nous avons aussi commencé à offrir des ‘city boxes’ : des locaux de 66 m² pour des microentreprises qui ont besoin d’un petit espace de stockage. Les premiers ont vu le jour à Hélécine », évoque Geoffroy Dumonceau.

Ces espaces pour jeunes entreprises peuvent être des bureaux également. L’intercommunale in BW dispose ainsi de bureaux dans ses quatre business centers : Einstein et Monnet Innovation Center, tous les deux dans le parc scientifique de Louvain-la-Neuve, Landas à Saintes et Mazerin à Genval. « Nous offrons des bureaux équipés à partir de 16 m² avec services partagés. On retrouve sur ces sites un mix de startups et d’entreprises plus matures », note Françoise Duplat qui ajoute : « À Landas, nous avons également des ateliers à partir de 60 m², et à Monnet des labos (à partir de 42 m²) et espaces de stockage (à partir de 18 m²). Tous ces lieux permettent à des sociétés qui se lancent de disposer d’une infrastructure pour démarrer et puis s’étendre. Nous sommes un tremplin. »

BVI.EU propose également des bureaux sur ses sites. « Mais c’est plus atypique chez nous. À Europe 131, en face de Walibi à Wavre, nous avons une offre à partir de 200 m². Idem au Panier Vert à Nivelles, un projet en cours de construction. »

Réhabiliter l’existant

Étant donné la rareté du terrain, avec un potentiel foncier brut réduit en zone d’activité économique mixte et zone économique industrielle, et la nécessité de réinvestir les zones artificialisées en application de la politique wallonne, les développeurs se tournent régulièrement vers l’existant en rachetant des sites qu’ils rénovent ou réhabilitent. Par exemple, le site de Wavre de BVI était auparavant une friche industrielle avec des bâtiments vides vétustes et amiantés. Le sol a été assaini après la démolition des constructions existantes.

A Nivelles, in BW a rénové et parcellisé l’ancien site Peugeot. A Mont-Saint-Guibert, l’intercommunale vient de racheter le site de la Sablière où certaines entreprises sont déjà
présentes. « Nous allons l’orienter vers le recyclage, l’économie circulaire et l’autonomie énergétique », indique Françoise Duplat. Un projet est également d’actualité sur l’ancien site des Forges de Clabecq, où l’on trouve déjà du commerce et de l’habitat. « Nous y développerons entre autres une activité économique sur 8 hectares pour des PME-PMI, avec des bureaux, espaces de stockage et ateliers. Le permis de voiries a été délivré », évoque Françoise Duplat, qui mentionne encore le rachat en 2022 d’une ancienne ferme à Mont-Saint-Guibert pour le projet « Sur le champ ». « L’idée est de mettre des infrastructures et des terrains à disposition de jeunes entreprises qui font de la relocalisation alimentaire. Nous avons un brasseur, une biscuiterie, plusieurs maraîchers,…. Cap Innove assure l’accompagnement. Le projetpermet aux jeunes entreprises de tester leur activité. »

À Nivelles, in BW a rénové et parcellisé l’ancien site Peugeot. À Mont-Saint-Guibert, elle vient de racheter le site de la Sablière. « Nous allons l’orienter vers le recyclage, l’économie circulaire et l’autonomie énergétique », indique Françoise Duplat.

Un projet est également d’actualité sur l’ancien site des Forges de Clabecq à Tubize, où l’on trouve déjà du commerce et de l’habitat. « Nous y développerons entre autres une activité économique sur 8 hectares pour des PME-PMI, avec des bureaux, espaces de stockage et ateliers. Le permis d’urbanisme de création de voiries a été délivré », évoque Françoise Duplat, qui mentionne encore le rachat en 2022 d’une ancienne ferme à Mont-Saint-Guibert pour le projet « Sur le champ ». « L’idée est de mettre des infrastructures et des terrains à disposition de jeunes entreprises qui font de la relocalisation alimentaire. Nous avons un brasseur, une biscuiterie, plusieurs maraichers…. Le projet leur permet de tester leur activité. »

Place à l’innovation

L’innovation. Voilà bien un terme qui revient régulièrement quand on évoque les jeunes entreprises en Brabant wallon. Elle est au cœur de l’Innovation Monnet center d’in BW situé dans le parc scientifique de Louvain-La-Neuve. Dans la cité universitaire toujours, l’UCLouvain a créé en 2004 un Centre d’Entreprises et d’Innovation (CEI, rebaptisé ICE Louvain en 2025) qui propose un incubateur pour étudiants, des bureaux privatifs à partir de 15 m² (45 entreprises y sont installées) et des espaces de coworking. « Nous offrons une grande flexibilité mais surtout un accompagnement, que ce soit pour des entreprises installées chez nous ou non », souligne son CEO, Jean-Marc Simoens, qui met encore en avant l’esprit communauté favorable au développement de ces start-up.

A Nivelles, où elle disposait de terrains, l’ULB a lancé, en 1983, Cap Innove pour accueillir, au départ, ses spin-off. Depuis, l’incubateur généraliste s’est enrichi de trois incubateurs spécialisés : ID 2 Move pour les sociétés actives dans les véhicules autonomes, ID 2 Food pour celles dans l’agroalimentaire, et ID 2 Green pour les sociétés en transition écologique. « Nous hébergeons une septantaine d’entreprises, jeunes ou en croissance, dans nos deux bâtiments (5000 m² de bureaux et 5000 m² d’infrastructures telles des salles de réunion, un studio multimédia, une salle de test intérieure pour les drones,…) et en accompagnons une soixantaine par an qu’elles viennent de l’incubateur ou de l’extérieur », indique son directeur, Guy Bouckaert.

A Wavre, près du Golf de la Bawette, sur un terrain de 18 hectares, c’est le projet Quantum Biospace qui fait l’actualité. « Le permis a été délivré par le Gouvernement wallon », précise Geoffroy Dumonceau. Ce projet de parc scientifique avec un pôle recherche et développement, un pôle manufacturing et des services aux entreprises, proposera des espaces à partir de 120 m². Il hébergera également Quantum BioVenture Studio cofondé en 2024 par BVI.EU, l’UCLouvain, Invest.BW et Florence Bosco, ancienne directrice du BioParc de Gosselies, et qui créera des start-up qui travailleront sur la rechercher de nouveaux médicaments assistés par les nouvelles technologies et l’intelligence artificielle.

Dynamique des centralités

Le Brabant wallon active une politique d’accueil favorable aux entreprises et créatrice d’emplois pour ses habitants. La répartition territoriale de cette dynamique économique montre une concentration sur le centre de la Province, sous l’impulsion notamment du pôle universitaire. Les conséquences sur la mobilité se vivent tous les jours sur les axes encombrés. Ainsi, à côté des sites dédiés, il est aussi important d’encourager le développement économique au sein des centralités urbaines et villageoises. Elles participent à leur animation et permettent aussi une déconcentration des flux de déplacements. Travailler près de chez soi, avec la possibilité de se défaire de la voiture, c’est le fondement du concept NPoW (new place of working) développé par le Brabant wallon.

9,5

Densité entrepreneuriale

Selon l’Atlas du créateur, le Brabant wallon
est la province wallonne qui a la plus forte densité entrepreneuriale avec, en 2024,
9,5 entreprises créées pour mille habitants.