La baisse des droits d’enregistrement va-t-elle favoriser la mobilité résidentielle ?

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Une réponse de Jean-Marie Halleux, Professeur de géographie économique à l’ULiège

Le nouveau gouvernement wallon souhaite abaisser à 3 % le taux appliqué pour le paiement des droits d’enregistrement lors de l’acquisition d’une habitation propre et unique. Une décision prévue pour le 1er janvier 2025 – les modalités doivent encore être définies – qui permettra de s’aligner sur le taux en vigueur en Flandre de même que d’uniformiser les taux appliqués jusqu’à présent en Wallonie. C’en sera fini du taux standard de 12,5 % et du taux réduit à 6 % pour les habitations dites modestes. L’objectif est de faciliter l’acquisition d’un premier logement de même que la mutation d’un logement à l’autre. Quelles conséquences cette décision pourrait-elle avoir sur la manière d’aménager le territoire en Brabant wallon de même qu’en matière de mobilité résidentielle ?

1. Une augmentation des prix. « Dans certaines zones sous tension comme le Brabant wallon, il est possible que la réduction des couts de mutation (ndlr : montant lié au changement de résidence) accentue les difficultés à accéder à la propriété, en renforçant la dimension spéculative des marchés, souligne Jean-Marie Halleux, professeur de géographie économique et président du Lepur, le pôle de recherche en développement urbain et territorial de l’ULiège. Avec des couts de mutation proches de 15 %, il n’était pas envisageable d’augmenter les enchères en tablant sur une rapide revente. Cette situation a donc permis d’éviter une déconnexion entre les valeurs immobilières et les fondamentaux de l’économie. » Et Jean-Marie Halleux d’ajouter : « Les marchés sont principalement dictés par la demande. Et la demande est élevée en Brabant wallon. Il ne faut pas s’attendre à des baisses de prix. Plutôt même à des hausses vu que certains acquéreurs auront davantage de moyens et vont avoir recours à « l’effet butoir », c’est-à-dire à la volonté de hausser au maximum le montant à débourser pour leur logement. »

2. Favoriser les déménagements. « Jusqu’à présent, en Belgique, dans la grande majorité des cas, l’obtention d’un nouveau travail n’entrainait pas de déménagement, précise Jean-Marie Halleux. Les couts de mutation étaient trop importants. Avec cette diminution, la donne va changer. Si les déplacements sont trop importants, il pourrait être intéressant de déménager et de se rapprocher de son lieu de travail. »

3. Renforcer l’attrait des centralités. « Historiquement, les villes ont été dévalorisées par le montant du revenu cadastral de chaque logement. La notion d’habitation modeste perdant de son intérêt, il est possible que les villes soient un peu moins lésées. Si tout le monde paie 3 %, en milieu urbain comme en pleine campagne, certains pourraient être tentés d’effectuer un retour vers les centres. Même si la disparition de ce désavantage sur les droits d’enregistrement ne devrait pas avoir d’effet bouleversant sur la densification de l’habitat . »