Jean-Christophe Jaumotte, de la théorie à la pratique

Une vie dédiée à l’aménagement du territoire. Après plus de 15 ans à la Région wallonne et 12 ans comme échevin de Court-Saint-Étienne, voilà que Jean-Christophe Jaumotte a enfilé depuis six mois un costume supplémentaire, celui de chef de cabinet adjoint du ministre wallon du Territoire.

Texte et photo : Xavier Attout

À 42 ans, Jean-Christophe Jaumotte est aujourd’hui l’un des acteurs les plus influents de l’aménagement du territoire en Wallonie. Ce Stéphanois est devenu il y a six mois le chef de cabinet adjoint du Ministre wallon du Territoire, des Infrastructures, de la Mobilité et des Pouvoirs Locaux, François Desquesnes. Avec comme mission de diriger la cellule aménagement du territoire. Une belle promotion pour celui qui jongle entre les plans, schémas et autres guides urbanistiques depuis le début de sa carrière. « J’ai toujours été passionné par l’aménagement du territoire, explique-t-il. En grandissant à Court-Saint-Étienne, j’ai notamment vu l’évolution du site Henricot I de près, passant d’un chancre à un nouveau quartier. Cela m’intéressait au plus haut point. Je me suis ensuite rendu compte qu’un permis permettait d’avoir un poids important sur le développement d’un quartier ou d’une commune. Un permis mal délivré peut avoir des conséquences importantes. C’est un levier d’action majeur d’être à la manœuvre. D’où ma volonté de m’orienter dans cette voie. »

1. « Mes deux fonctions me rendent meilleur »

Marié et père de deux filles, Jean-Christophe Jaumotte habite Court-Saint-Étienne depuis toujours. Il étudie l’ingénierie biologique, agronomique et environnementale à l’UCLouvain (avec un mémoire sur le site Henricot) avant de directement se diriger vers le Service public de Wallonie, et plus précisément vers une cellule chargée du développement territorial créée par le gouvernement wallon. Il y côtoiera notamment l’ancien fonctionnaire du Brabant wallon, Thierry Berthet. « Une cellule créée pour gérer les grands dossiers de révision du plan de secteur, se souvient-il. Une belle aventure. Une de mes premières missions concernait d’ailleurs celui de Louvain-la-Neuve. Nos travaux se sont ensuite élargis aux zones d’activités économiques et au Schéma de développement territorial (SDT). »

Parallèlement à sa carrière au SPW, il embrasse une carrière politique en 2006 en devenant conseiller communal, suivant les traces de son père, Jacques, mandataire durant 36 ans dont 6 comme échevin et 18 comme président du CPAS de Court-Saint-Étienne. « Je suis échevin de l’Aménagement du territoire depuis douze ans, ayant été réélu en octobre dernier pour un nouveau mandat. Mêler cette expérience de terrain comme mandataire et mon expertise à la Région wallonne est un atout indéniable. Cela fait de moi un meilleur échevin et un meilleur chef de cabinet. »

2. « Au départ, je ne voulais pas être un cabinettard… »

« J’ai toujours affirmé que je ne rentrerais jamais dans un cabinet ministériel. » Il aura fallu un accrochage verbal avec son futur ministre lors d’un séminaire, un appel du pied par téléphone et un peu de réflexion pour le faire changer d’avis. « Lors d’une présentation du SDT en Brabant wallon effectuée en présence de François Desquesnes, alors député wallon, j’ai pris la parole pour préciser que plusieurs erreurs factuelles venaient d’être affirmées. Cela a suscité quelques réactions… Le lendemain, François Desquesnes me rappelait pour que l’on se rencontre et que je l’éclaire davantage. J’ai alors compris que c’était quelqu’un avec qui nous pouvions discuter. Quand il m’a contacté pour monter dans son cabinet, je n’ai pas beaucoup hésité. Et je ne le regrette vraiment pas aujourd’hui. Les craintes que je pouvais avoir sur un agenda démentiel et une vie de famille en souffrance ne se sont pas encore avérées. » Un lien sûrement avec les matières qu’il traite, qui sont davantage tournées vers le long terme que vers l’inattendu.

Pour le reste, contrairement à ce qui a été fait par les ministres précédents, les décisions prises lors de la dernière législature ne seront pas détricotées, que ce soit concernant le SDT ou le CoDT. « Deux axes sont prioritaires : la simplification administrative via notamment une révision des formulaires de demandes de permis, et la dématérialisation des demandes de permis. Pour ce qui est du SDT, c’est maintenant aux communes de passer à l’action. Nous serons là pour les accompagner au mieux. » En 2025, un budget a été dégagé pour que 65 communes puissent financer l’élaboration d’un schéma de développement communal. D’autres suivront d’ici 2030.

3. « Le Brabant wallon n’a pas eu besoin d’aide pour se développer »

« Mon regard sur le Brabant wallon ? Il s’est développé tout seul, il n’a pas eu besoin de beaucoup d’aides extérieures. La pression foncière qui y règne a permis de réhabiliter pratiquement tous les chancres industriels. C’est une situation unique en Wallonie et qui ne pourra probablement pas être reproduite ailleurs. »

Parmi les prochains enjeux, il pointe le fait d’éviter une conurbation complète du Brabant wallon. Soit le fait que l’urbanisation soit continue entre les centres urbains et que l’on ne puisse sentir que l’on passe d’un quartier à l’autre. Dans beaucoup de cas, ces continuums sont possibles. « Il faut vraiment y prendre garde et y être attentif. Un autre enjeu concerne l’avenir du pavillonnaire et des lotissements. C’est très marqué en Brabant wallon et il faudra réfléchir à ce renouvellement du bâti. »

4. « Diversifier l’offre de logements »

Échevin de l’Aménagement du territoire et de l’urbanisme depuis douze ans, il peut donc mettre en pratique la théorie qu’il adopte dans ses autres activités. « C’est un vrai avantage. Je veille toutefois à éviter tout conflit d’intérêt. Au cabinet, je ne gère pas les dossiers qui concernent Court-Saint-Étienne, de même, en matière de permis, je n’ai pas la responsabilité de la Cellule recours. C’est plus sain et permet d’éviter de nombreuses discussions. »

Si les enjeux territoriaux de Court-Saint-Étienne sont relativement classiques pour une commune du centre du Brabant wallon (urbanisation à maîtriser, limiter l’étalement urbain, etc.), il souhaite avoir une attention particulière sur la reconfiguration de l’avenue de Wisterzée de même que développer une offre de logements plus diversifiée. « Les habitants de Court-Saint-Étienne n’ont pas pu profiter de Court Village car la vente de leur villa n’a pas permis, dans la plupart des cas, d’y acheter un appartement. Ce sont les habitants des communes avoisinantes qui s’y sont installés. Cela m’a surpris, je l’avoue. J’espère que nous pourrons changer cela dans les prochaines phases du projet. »

3. « Le Brabant wallon n’a pas eu besoin d’aide pour se développer »

« Mon regard sur le Brabant wallon ? Il s’est développé tout seul, il n’a pas eu besoin de beaucoup d’aides extérieures. La pression foncière qui y règne a permis de réhabiliter pratiquement tous les chancres industriels. C’est une situation unique en Wallonie et qui ne pourra probablement pas être reproduite ailleurs. »

Parmi les prochains enjeux, il pointe le fait d’éviter une conurbation complète du Brabant wallon. Soit le fait que l’urbanisation soit continue entre les centres urbains et que l’on ne puisse sentir que l’on passe d’un quartier à l’autre. Dans beaucoup de cas, ces continuums sont possibles. « Il faut vraiment y prendre garde et y être attentif. Un autre enjeu concerne l’avenir du pavillonnaire et des lotissements. C’est très marqué en Brabant wallon et il faudra réfléchir à ce renouvellement du bâti. »

4. « Diversifier l’offre de logements »

Échevin de l’Aménagement du territoire et de l’urbanisme depuis douze ans, il peut donc mettre en pratique la théorie qu’il adopte dans ses autres activités. « C’est un vrai avantage. Je veille toutefois à éviter tout conflit d’intérêt. Au cabinet, je ne gère pas les dossiers qui concernent Court-Saint-Étienne, de même, en matière de permis, je n’ai pas la responsabilité de la Cellule recours. C’est plus sain et permet d’éviter de nombreuses discussions. »

Si les enjeux territoriaux de Court-Saint-Étienne sont relativement classiques pour une commune du centre du Brabant wallon (urbanisation à maîtriser, limiter l’étalement urbain, etc.), il souhaite avoir une attention particulière sur la reconfiguration de l’avenue de Wisterzée de même que développer une offre de logements plus diversifiée. « Les habitants de Court-Saint-Étienne n’ont pas pu profiter de Court Village car la vente de leur villa n’a pas permis, dans la plupart des cas, d’y acheter un appartement. Ce sont les habitants des communes avoisinantes qui s’y sont installés. Cela m’a surpris, je l’avoue. J’espère que nous pourrons changer cela dans les prochaines phases du projet. »