« Ittre ne veut pas être une cité-dortoir »

« Ittre ne veut pas être une cité-dortoir »

Texte : Frédérique Masquelier

La commune met en avant son cadre vert sans pour autant renier son histoire industrielle. Depuis l’essor des Verreries de Fauquez qui ont fait sa renommée, Ittre accueille volontiers l’activité économique sur son territoire, qu’elle combine au logement dans le respect de ses paysages.

La commune met en avant son cadre vert sans pour autant renier son histoire industrielle. Depuis l’essor des Verreries de Fauquez qui ont fait sa renommée, Ittre accueille volontiers l’activité économique sur son territoire, qu’elle combine au logement dans le respect de ses paysages.

Texte : Frédérique Masquelier

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Tournée vers l’industrie en bordure du Canal Bruxelles-Charleroi d’une part, et vers un territoire rural de l’autre, Ittre offre deux visages, tantôt plus urbanisé, tantôt bucolique. De l’aveu même de l’échevin de l’Aménagement du Territoire, Pascal Henry, c’est ce dernier visage que les autorités communales souhaitent mettre en avant. « Ittre aspire à demeurer un écrin vert au milieu de communes voisines qui se densifient, explique-t-il. En accord avec la politique régionale qui identifie des centralités où concentrer l’habitat, nous souhaitons préserver le caractère rural de nos trois villages que sont Ittre, Haut-Ittre et Virginal-Samme en limitant l’urbanisation. »
Non sans faire place à l’activité économique. « Nous avons plusieurs petites zones industrielles, dont fait notamment partie le site des anciennes papeteries Virginal Paper qu’il n’est pas question de reconvertir en logements. Nous sommes favorables à la venue des commerces et des entreprises sur notre territoire car nous voulons demeurer une commune vivante et pas une cité-dortoir », insiste-t-il.

Dans le même ordre d’idée, la commune ne s’oppose pas aux projets résidentiels, mais elle tient à maitriser sa croissance démographique. « Un ensemble de 84 maisons et appartements est en cours de développement à Virginal, tandis qu’un immeuble du centre de Ittre sera prochainement transformé pour accueillir une vingtaine d’appartements, évoque Pascal Henry. Cela fera immanquablement augmenter les rangs de la population ittroise, qui a passé le cap des 7.000 habitants en 2024. » Mais la hausse est modérée, tempère l’échevin. « Sur les dix dernières années, la commune a à peine gagné mille habitants. »

En accord avec la politique régionale qui identifie des centralités où concentrer l’habitat, nous souhaitons préserver le caractère rural de nos trois villages.

Pascal Henry, échevin de l’Aménagement du Territoire

Le Canal et le port de plaisance

Ittre profite par ailleurs du Canal qui la traverse de part en part. Un atout pour l’industrie qui s’est développée sur ses berges, mais aussi pour le tourisme. « Avec le port de plaisance, l’écluse, en pleine rénovation, participe à l’attractivité du bord de l’eau », pointe Pascal Henry. Les autorités communales l’ont bien compris et misent sur le tourisme fluvial et pédestre. « Le chemin de halage est fort emprunté par les piétons comme les cyclistes », assure-t-il, ajoutant qu’à Virginal, « le tronçon de l’ancien Canal offre des paysages très intéressants en termes de biodiversité. »

L’âge d’or des Verreries de Fauquez

L’invention de la marbrite, en 1922, suscite l’essor de l’industrie du verre dans l’entité de Fauquez. Opacifié et coloré dans la masse pour imiter le marbre, abondamment utilisé dans l’architecture Art déco, ce verre inédit fait la renommée des Verreries de Fauquez. Dès les années 1930, la marbrite est exportée dans toute l’Europe, mais aussi au Moyen-Orient, en Amérique latine et aux États-Unis. Un développement fulgurant qui contribue à la naissance d’un nouveau quartier. Sous la direction du maitre-verrier Arthur Brancart (1870-1934), père de la marbrite, les Verreries se dotent non seulement de maisons de rangée pour y héberger les ouvriers et leurs familles, mais aussi d’un dispensaire, un magasin, plusieurs écoles, une gare, une salle des fêtes et une chapelle.

À son apogée, l’usine emploie jusqu’à plus de 3.000 ouvriers. Mais la succession d’Arthur Brancart est difficile et, après le choc de la Seconde Guerre mondiale, les Verreries périclitent. Elles ferment définitivement en 1979. Aujourd’hui, le hameau de Fauquez aspire à évoluer tout en chérissant la trace de ce passé industriel glorieux. Outre les maisons ouvrières, qui sont toujours habitées, les curieux peuvent encore repérer la demeure du directeur, bâtie face à la sortie de l’usine, désormais dépouillée de ses vitraux d’époque ; la façade de la salle des fêtes, où l’on peut lire l’inscription « Bien travailler, bien s’amuser » ; le dispensaire ; le magasin, abritant à présent un café ; et la chapelle Sainte-Lutgarde, plus connue sous le nom de « Chapelle de verre ».