Faut-il mettre tout le Brabant wallon en zone 30 ?

Une question de Géraldine,

de Nivelles

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Une réponse de Pierre Tacheron,

du bureau d’ingénieurs-conseils Transitec

Bruxelles est devenue une Région 30 depuis le 1er janvier. Suivant d’autres villes ou communes qui avaient déjà embrayé dans cette voie en Belgique et ailleurs. En Brabant wallon, Waterloo et Ottignies-Louvain-la-Neuve font office de meilleurs élèves de la bande. Leurs autorités communales ont l’ambition de mettre tous les quartiers de leur entité en zone 30. Le travail est déjà en cours et s’accélère. Reste que ces initiatives sont relativement éparses. Pour frapper les esprits, certains avancent l’idée d’agir sur l’ensemble d’un territoire, soit dans notre cas de mettre tout le Brabant wallon à 30 km/h, à l’exception bien évidemment d’une série de voiries régionales ou nationales qui resteraient à 70 ou 120 km/h. Une utopie dans une région plus rurale comme le Brabant wallon ? « Certainement pas pour les zones d’agglomération, même si c’est complexe à mettre en place, réagit Pierre Tacheron, du bureau d’ingénieurs-conseils Transitec. Les Pays-Bas ont décidé de faire passer la vitesse de circulation de toutes les voiries d’agglomération qui étaient à 50 km/h à 30 km/h. Il faut toutefois garder en tête que les Hollandais développent une stratégie hyper volontariste en matière de mobilité douce et de modération du trafic depuis les années 1970 déjà. En Belgique, il n’y a pas encore eu d’initiatives de ce type. Mais ce serait intéressant. »

Le débat principal reste de diminuer les vitesses de circulation pour améliorer sensiblement la qualité de vie (bruit, pollution) et réduire drastiquement le nombre d’accidents de la route. « Bien que des progrès très significatifs soient rencontrés ces dernières années grâce aux nombreuses initiatives du SPW et des communes, la Wallonie présente encore des statistiques très préoccupantes en la matière. Le débat ne doit d’ailleurs pas se limiter aux zones 30 situées aux abords des écoles mais au fait que les élèves doivent pouvoir venir en sécurité à pied ou à vélo sur l’ensemble du chemin qui mène à leur école ou à leurs activités quotidiennes. »

Selon une étude de VIAS, près de 60 % des Belges sont favorables à la mise en zone 30 des centres-villes à condition de préserver la vitesse sur les grands axes. Une proportion qui grimpe à 85 % pour ceux qui y habitent. Ceux qui s’opposent à cette mesure estiment par contre qu’il faut laisser à chacun la liberté d’utiliser sa voiture et que les zones 30 km/h polluent davantage. « Le problème, c’est que certains automobilistes plantent sur leurs freins à l’entrée de la zone 30 et réaccélèrent ensuite pied au plancher. De tels comportements créent une sur-pollution sonore et atmosphérique. En revanche le concept de villes à 30 km/h permet d’avoir moins de stop & go et offre une meilleure fluidité, donc l’impact sur la pollution est plus nuancé. En termes de diminution du bruit, en revanche, l’efficacité des zones 30 km/h est clairement prouvée. Plusieurs villes en Suisse ont décidé, après des expérimentations particulièrement concluantes, de généraliser le 30 km/h sur leurs routes durant la nuit telles qu’à Lausanne ou à Zurich. »

D’ici quelques mois, analyser les éventuelles retombées positives constatées à Ottignies et à Waterloo pourraient en tout cas être intéressant pour l’ensemble des communes du Brabant wallon…