Sillonner le Brabant wallon 

Texte : Bénédicte Dawance

Sillonner le territoire pour découvrir des lieux et mieux connaître l’histoire qui s’y déroule, découvrir comment on y habite, comment on y travaille, comment on s’y rassemble. Sillonner pour comprendre d’où l’on vient, où l’on va. Ici, les espaces agricoles d’hier devenus étendue pavillonnaire aujourd’hui. Là-bas, l’industrie qui a laissé la place à des projets résidentiels et d’autres fonctions. Au mieux. Demain, une urbanisation qui cessera de s’étendre et dès aujourd’hui, la nécessité de mettre en place les manières efficaces pour transformer l’existant : garantir une qualité de vie, assurer des espaces adaptés aux besoins de chacun, accueillants pour tous.

Sillonner les territoires, sillonner pour s’ancrer. Sillonner les territoires, c’est aussi se détourner et sortir des sentiers battus. Percevoir des lieux traversés 100 fois mais jamais avec ce regard-là, jamais sur ce chemin précis là, et jamais accompagnés de ces témoins-là. Peut-être jamais avec ce temps-là offert pour se poser et regarder, découvrir, échanger avec son voisin. Sillonner le Brabant wallon, c’est aussi l’expérience que le Centre culturel a proposée au photographe Gaël Turine et à la journaliste Céline Gauthier suite à une réflexion interne et avec les publics du Centre culturel. Pendant plusieurs mois, eux aussi ont pris le temps de la rencontre pour capter, par l’image et les mots, les temps vécus. Nos temps vécus. Leur travail met en lumière le bien le plus précieux, voire le plus mystérieux, celui qui échappe à la performance : le temps. Leur travail a donné lieu à treize portraits de Brabançons et Brabançonnes rassemblés dans une exposition qui se tient au Centre culturel du Brabant wallon jusqu’au 16 mars. L’exposition “Les Temps vécus” se rendra ensuite à Waterloo du 16.05 au 01.06.25 et à Jodoigne du 12.09 au 28.09.25.

© Marco Paulo