Enfin une vision pour le centre d’Ottignies
Les balises sont désormais données pour réaménager l’ensemble du centre d’Ottignies. De quoi dynamiser une zone qui a besoin d’un sérieux lifting. Près de 2 000 logements pourraient être construits, sur des sites situés entre les gares d’Ottignies et de Céroux-Mousty.
Texte et photo : Xavier Attout
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Dix ans de recherches, d’études et de discussions. Pour finalement aboutir à une nouvelle vision pour le centre-ville d’Ottignies et de nouvelles ambitions pour une zone qui ne manque pourtant pas de potentiel. Avec l’adoption du plan communal de réaménagement révisionnel (PCAR) dit du Douaire, de même que du Schéma directeur du centre d’Ottignies, c’est une nouvelle vision de ville qui va pouvoir se dessiner dans les prochaines années sur les 26 hectares repris dans le périmètre du premier, et les 54 du second. Avec, au final, davantage de voies piétonnes et cyclables, une remise en valeur de la Dyle, des espaces publics plus conviviaux une densification réfléchie du centre-ville. « Parmi les éléments qui vont guider l’aménagement de cette zone, il faut surtout relever la trame verte de 32 mètres de large (ndlr : en pleine terre) qui partira de la prairie Orban pour traverser le Douaire et rejoindre le Bois des Rêves, pointe la bourgmestre Julie Chantry. Dans l’autre sens, une trame bleue avec la mise en valeur de la Dyle, qui est cachée aujourd’hui. »
Le PCAR, un outil de planologie établi par le CREAT-UCLouvain (le centre de Recherches et d’Études pour l’Action territoriale), donne surtout le feu vert pour deux transformations en profondeur : le réaménagement complet du centre commercial du Douaire et de ses alentours de même que la transformation du chancre de l’ancien site des Bétons Lemaire. Pour cette dernière, il s’agit d’une zone d’un peu moins de 9 ha où Matexi espère construire entre 400 et 600 logements. La patience du promoteur aura en tout cas été mise à rude épreuve. Après avoir déposé une première demande pour un permis de 85 logements situé le long de la rue du Monument, le promoteur de Waregem va pouvoir entrer dans les choses sérieuses avec l’aménagement d’un nouveau quartier sur cette zone abandonnée. « L’adoption du PCAR devrait faire avancer cette première demande, espère Renaud Naiken, directeur de Matexi Brabant wallon. Un second permis sera ensuite déposé, toujours le long de la rue du Monument. Quant aux logements prévus sur le site Bétons Lemaire, ce sera pour plus tard. Et ce ne seront pas 400 logements d’un coup. »
D’ici là, il devra toutefois régler la problématique de l’accès carrossable au site. Le tunnel prévu à hauteur des anciens établissements Decoux ayant été jugé techniquement compliqué à réaliser selon des ingénieurs. L’alternative proposée par la Ville serait de prévoir un passage depuis la rue du Monument, à hauteur des maisons 15/19. Le promoteur devra toutefois se charger du rachat des maisons. Ajoutons qu’un tunnel réservé aux piétons et vélos devra par contre bien être aménagé sous la voie de chemin de fer pour assurer la continuité de la trame verte.
Nous n’avons pas encore décidé si nous redévelopperons le Douaire seul ou en partenariat. Nous verrons. Marc Kramer, AXA REIM
Le privé à la main pour le Douaire
L’autre grande avancée concerne le site du Douaire et de ses alentours. Ce centre commercial de 10 000 m2 situé en plein centre d’Ottignies ressemble actuellement à un grand bloc de béton planté au coeur de la vallée de la Dyle. Cet ensemble, de même que les 576 places de parking qui l’entourent, devrait faire l’objet d’une importante reconfiguration. L’idée sur la table étant de démolir le Douaire, de revoir entièrement son emplacement et d’y construire à la place un nouvel ensemble comprenant des parkings, des commerces au rez-de-chaussée et du logement aux étages (400 unités environ). « La clé est néanmoins entre les mains des privés qui sont propriétaires du site, fait remarquer Julie Chantry. Nous leur avons donné le cadre, à eux de prendre le relai et de donner l’impulsion. L’objectif est d’évoluer vers un centre dynamique. » Plusieurs propriétaires se partagent les différentes parcelles qui composent le site (la Ville étant le tréfoncier), le principal étant AXA. « Nous sommes conscients que notre position est importante dans ce dossier, lance Marc Kramer. Nous soutenons la stratégie développée dans le PCAR. La vision développée prendra toutefois encore énormément de temps à se réaliser. Notamment car la structure de propriété de la zone autour de la galerie est parcellaire et compliquée. Nous étudions calmement le potentiel de redéveloppement du site à long terme, mais, en tant que propriétaire de la galerie commerciale, nous nous concentrons aujourd’hui sur le renforcement de son attractivité. Nous n’avons pas encore pris de décision si nous redévelopperons le Douaire seul ou en partenariat. Nous verrons. »
Si AXA ne se lance pas dans l’aventure, l’un ou l’autre promoteur est en tout cas prêt à racheter chaque parcelle aux différents propriétaires avant de reconstruire un ensemble comprenant surfaces commerciales au rez-de-chaussée et logements aux étages. Des esquisses existent déjà chez certains promoteurs intéressés par le dossier, avec un ensemble de petits immeubles situés de manière perpendiculaire au bâtiment actuel, rassemblés autour d’intérieurs d’ilots végétalisés.
Un parc urbain au programme
Ajoutons que ces deux outils urbanistiques comprennent également le réaménagement de la place du Centre. La Ville a racheté toutes les maisons de cet ilot situé entre le boulevard Martin et l’avenue Reine Astrid. L’idée est de les démolir pour réaménager l’ensemble de la place. Ce ne sera pas un ilot de verdure, comme évoqué un moment. La Ville a en effet racheté un terrain situé juste à côté de chez Carette pour le transformer en parc urbain. « Nous avons dorénavant la maitrise foncière pour restructurer cette place, pointe la bourgmestre. Une synthèse des attentes de la Ville, des commerçants et des citoyens doit être effectuée. L’idée est d’aménager une place vivante qui soit à taille humaine. »
Au total, entre 800 et 1.400 logements pourraient être construits sur la zone délimitée par le PCAR. Un nombre auquel il faudra également ajouter les 800 logements prévus dans le cadre du projet Samaya (BPI et AG Real Estate ont déposé une nouvelle demande de permis), situé à côté de la gare, de même que des logements imaginés dans la cadre de la transformation du parking des Droits de l’Homme. La SNCB a toutefois annulé le précédent appel d’offres, elle en relancera un nouveau une fois qu’un PCAR sera adopté. Une révision du plan de secteur est en effet nécessaire.
Pour compléter
Le schéma directeur du centre d’Ottignies a également été adopté fin avril. Cet outil non-contraignant détermine les grandes options du développement du centre. Et ce sur une zone de 54 ha, allant du rond-point de la gare d’Ottignies jusqu’à la rue de la Station.
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