Donner une véritable place aux aînés 

Texte : Bénédicte Dawance

Dans quelques années, un quart de la population en Brabant wallon aura 65 ans et plus. Un chiffre en croissance. Une population plus nombreuse qui voit aussi son espérance de vie augmenter. Un fait qui s’accompagne d’un niveau de santé ressenti en diminution. C’est donc un horizon de fin de vie qui s’éloigne mais qui se trouble. Sur cette ligne d’horizon, j’ai pu entendre et déceler, au travers des rencontres que la Maison de l’urbanisme mène depuis quelques mois, de nombreuses questions dans le chef des aînés, des frustrations, des droits culturels et humains mis à mal aussi. Le tout dans une normalité que l’on commence seulement à voir avec un autre regard, à décrier dans le meilleur des cas.

Il existe bien heureusement sur notre territoire des initiatives qui ré-enchantent ces moments de vie en mobilisant le lien avec l’autre, la mémoire, la présence, la joie. Bien des choses restent pourtant sans doute à inventer pour atteindre un « vieillir heureux » pour tous en Brabant wallon.

Parmi les chantiers à mener, celui de l’habitat pour aînés – entendez le logement et son environnement – retient toute notre attention. Nous avons listé dix points relevant les facteurs décisifs de la mobilité résidentielle des aînés (voir l’article dans ce numéro) entre rester chez soi, ériger un ailleurs ou se tourner vers des lieux accompagnants. J’en relèverai un ici : la capacité de se mettre en projet : oser imaginer la forme d’habitat qui nous anime, oser projeter, partager son chez soi, transformer son environnement proche ou s’en façonner un autre. Et, en corollaire, offrir les conditions pour que ces initiatives puissent voir le jour. Avec en première ligne l’information accessible.

Les défis territoriaux du Brabant wallon demandent (exigent ?) que des formes d’habitat économes et frugales en espace et en moyens, efficaces dans leur mise en oeuvre et généreuses en interactions humaines puissent se multiplier. Le territoire reste un laboratoire des modes de vie, y compris pour les aînés. Donner une place aux projets orientés vers les aînés pourrait bien révéler un potentiel de transformation de notre territoire réjouissant et porteur de sens insoupçonné. Un potentiel en tous les cas aujourd’hui invisibilisé.