Desseins et dessins du Brabant wallon
Et si l’urbanisme était finalement une affaire du quotidien ? Et si vous étiez aussi un acteur à part entière du dessein de notre territoire ? Du dessein au dessin… il n’y a qu’un trait avec le portrait du territoire qui s’est glissé au sein de ce numéro. Occasion pour nous de faire escale dans les territoires artistiques afin de mesurer l’impact du Brabant wallon sur la fabrique artistique.
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Texte : Karima Haoudy - Illustration : Alain Maes
À l’origine de l’outil « L’urbanisme c’est nous », une idée toute simple : montrer que l’urbanisme – matière ô combien complexe – est notre quotidien et surtout, l’affaire de tous.
Habitant du Brabant wallon, vous avez la primeur de découvrir, en complément de l’envoi de ce numéro d’Espace-vie, l’outil « L’urbanisme c’est nous », invitation à (re)découvrir le territoire sous le prisme des regards urbanistique et artistique. À l’origine de cet outil, une idée toute simple : montrer que l’urbanisme – matière ô combien complexe – est notre quotidien et surtout, l’affaire de tous.
Au carrefour de la réalité objective et de l’imaginaire, nous avons fait appel au graphiste David Cauwe et à l’illustrateur Alain Maes pour exprimer de manière didactique et ludique les enjeux de l’aménagement et du ménagement du territoire : mobilité, accès au logement, espaces publics, préservation des paysages, etc. À ce faisceau d’enjeux est associée une carte qui vous donne un (archi) condensé du territoire du Brabant wallon.
Une image à la lisière de la subjectivité mais aussi de l’objectivité. Car c’est à partir d’un solide travail de cartographie et de documentation que nous avons sélectionné les repères paysagers de nature diverse (patrimoine, infrastructures de loisirs, etc.) et les composantes d’aménagement du territoire (quartiers, infrastructures de mobilité, etc.), saillantes du Brabant wallon.
Observer, s’interroger et réagir sont autant d’invitations à venir compléter cet outil, support précieux pour récolter vos perceptions du territoire. Par le dessin, le verbe, la photo, etc. – libre à vous de choisir votre mode d’expression –, nous vous invitons à nous répercuter via, entre autres, les réseaux sociaux en utilisant #depuismafenetredubw, le regard que vous portez sur le Brabant wallon et sur les enjeux d’aménagement du territoire. Voire d’aller plus loin, en vous conviant à entrevoir d’autres horizons. Et ce, depuis votre fenêtre.
Pour celles et ceux qui souhaitent recevoir l’outil L’urbanisme c’est nous, contactez-nous : m.urbanisme@ccbw.be.
Empreinte d’un territoire
Réel ou imaginaire… l’outil « L’urbanisme c’est nous » questionne les représentations du Brabant wallon. Du moins, des représentations artistiques. Pour sonder ce champ, rencontre avec Stéphanie Quériat, chercheuse pour la Conférence permanente du Développement territorial et docteure en Histoire, Art et Archéologie (ULB). Elle mène des recherches sur la perception du paysage par la population et s’est intéressée aux regards des artistes portés sur les territoires wallons. Par artiste, on entend les peintres, les photographes mais aussi les auteurs de guides de voyage qui ont exercé sur les artistes une influence et réciproquement, tant la porosité entre ces deux milieux était forte. La diffusion de modèles artistiques et culturels a contribué à façonner les
perceptions d’un territoire, voire à influencer les usages et les choix en matière d’habitat.
Et si l’efflorescence de la villa quatre façades qui parsème nos paysages était aussi le fruit de l’influence des modèles culturels qui bâtissent nos imaginaires collectifs ?
Immersions en Brabant wallon
Quand on observe la carte des lieux ou des régions qui ont capté l’intérêt des artistes, entre la fin du 19e siècle et 1980, force est de constater que le Brabant wallon n’a pas suscité, à l’instar d’autres régions un passage récurrent des artistes. « Ceci s’explique entre autres par la notion de paysage qui s’est d’abord exclusivement attachée aux territoires présentant un relief mouvementé et, particulièrement, aux vallées encaissées du sud du pays, observe Stéphanie Quériat. Les territoires présentant un relief plat et dédiés presque uniquement à l’agriculture ne rentraient donc pas dans le cadre paysager et se voyaient même nier toute qualité paysagère ».
Pour le Brabant wallon, on peut en effet constater que ce sont plutôt les territoires marqués tantôt par une topographie singulière, tantôt par le cours de l’histoire qui ont connu quelques passages d’artistes dits illustres. Les peintres de l’école de Tervueren ont également contribué aux représentations du nord du Brabant wallon.
Au-delà des frontières
Dans les territoires de l’imaginaire, les frontières administratives s’effacent. Ainsi, pour le Brabant wallon, il est difficile de retrouver une expression artistique de l’entité administrative. Même constat pour d’autres régions. Une activité économique – songeons aux bassins industriels –, une mémoire historique ou encore une caractéristique géomorphologique définissent souvent une nouvelle géographie, en dépit des frontières administratives et au gré des sensibilités artistiques.
Une brique dans la tête ?
Du Brabant wallon émerge une diversité paysagère. Le territoire, composé de trois ensembles distinctifs, est sillonné par un habitat caractéristique : la traditionnelle maison quatre façades. Un habitat souvent relayé à la périphérie de l’intérêt général. À l’aune de l’enjeu de la réduction de notre empreinte sur le territoire, il serait intéressant, note Stéphanie Quériat, de prendre en compte cette forme d’habitat dans toute son ampleur. D’en questionner davantage les possibilités de réutilisation. Mais aussi, de comprendre pourquoi ce type d’habitat habite durablement notre imaginaire collectif, de la bande dessinée aux émissions TV, en passant par la publicité. Comprendre la trajectoire de la formation de nos paysages est un prélude nécessaire pour assurer la maitrise de la trajectoire de l’étalement urbain, dont la maison quatre façades est l’une des expressions.
Localisation des paysages représentés dans l’art pictural, l’art photographique et les guides de voyage
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