De moins en moins les pieds dans l’eau

Il y a dix ans, Espace-vie se demandait si l’importante urbanisation du Brabant wallon avait un lien avec la multiplication des inondations. La situation a bien évolué depuis lors, avec une sérieuse prise en main de cette question. Si bien que les risques ont déjà bien diminué.

Share on facebook
Share on linkedin

Texte : Xavier Attout - Photos : PBW et S. Pigarella

A-t-on trop construit en Brabant wallon ces dernières années, de quoi accentuer les risques en cas de pluies diluviennes ? En mars 2011, suite à plusieurs importantes inondations, Espace-vie mettait sur la table la question des mauvaises décisions prises en matière d’aménagement du territoire et ses répercussions. Il en ressortait, selon les experts interrogés, qu’il fallait resserrer les boulons en matière d’octroi de permis dans des zones à risques et multiplier l’aménagement de bassins d’orage et de zones d’extension de crue. Problème : le manque de terrains pour concrétiser ces ambitions. D’où l’idée émise à l’époque de déclasser certaines zones à bâtir.

Le ministre de l’époque, Philippe Henry, misait de son côté sur une meilleure utilisation des outils législatifs existants (Cwatupe) et sur la mise en place d’un guide des bonnes pratiques pour améliorer la conception des projets. Une situation qui, on va le voir, a bien évolué en une décennie.

2011

2020

Moins d’inondations

« La dernière inondation importante en Brabant wallon date de 2016, fait remarquer Jean-Marie Tricot, coordinateur du Contrat de rivière Dyle-Gette. Une dizaine de communes étaient touchées. Surtout dans l’est du Brabant wallon. »

L’été 2016 avait fait son lot de dégâts, avec des centaines de maisons inondées. Des communes comme Villers-la-Ville, Court-Saint-Étienne et Genappe étaient également touchées. Depuis lors, il n’y a plus eu d’épisodes orageux aussi intenses.

Une plateforme provinciale

Depuis 2013, la Province du Brabant wallon a pris les choses en main. Avec trois grandes actions. La principale a trait à la gestion des cours d’eau de 2e catégorie dont elle est gestionnaire. Elle la concrétise par la création d’ouvrages de lutte contre les inondations. Une quinzaine ont été réalisés et huit sont à l’étude. Elle est également active en matière d’entretien de ces cours d’eau (réfections de berges, curage, suppression des embâcles).

Seconde action, l’aide aux communes par le biais de subventions pour la lutte contre les coulées de boue ou pour la création d’ouvrages de retenue le long des cours d’eau de gestion communale (3e catégorie). Une dizaine de bassins d’orage ont été subventionnés. Pour lutter contre les coulées de boue, 14 km de fascines ont été installées dans 19 communes.

Troisième action, la mise en place depuis 2013 d’une plateforme de lutte contre les inondations. « Une vraie réussite, souligne Marc Bastin. C’est un outil de centralisation d’informations et de collaboration de tous les acteurs en matière de lutte contre les inondations. Il est salué tant par
les citoyens que les professionnels.
»

Davantage de bassins d’orage

La lutte contre les inondations est multiple. Cela passe par une meilleure attention des permis octroyés en zone inondable mais également par la mise en place de bassins d’orage ou de zones d’expansion de crue. Ces ouvrages se sont multipliés ces dernières années. Que ce soit à Jodoigne (110 000 m³), à Suzeril (Court-Saint-Étienne,170 000 m³), à Gentissart (Villersla-Ville, 27 400 m³), à Chastre ou en encore à Wauthier-Braine (40 000 m3).

Plusieurs dossiers sont encore sur la table : le Cocrou à Grez-Doiceau, la Cala à Genappe, le Pont Neuf à Rebecq, le Ry des Corées et la Petite Gette à Orp-Jauche, le Pisselet à Chaumont-Gistoux, la Thyle à Villers-la-Ville, le Bois des Cuves à Ramillies, ou encore le Gaesbecq à Ittre. « Je n’ai pas de boule de cristal mais dès que tous ces projets se seront concrétisés, la plupart des inondations que l’on a connues en Brabant wallon auront peu de chances de se reproduire, explique le député provincial Marc Bastin, en charge des cours d’eau. Plus de 5 millions d’euros sont réservés en ce sens dans les cinq prochaines années. » Ajoutons qu’outre la Province, la Région wallonne s’occupe de la création de bassins d’orage pour les cours d’eau de première catégorie. Et que, nouveauté, in BW est désormais active dans ce secteur, la Province lui déléguant la maitrise d’ouvrage.

Je n’ai pas de boule de cristal mais dès que tous les projets d’ouvrages seront concrétisés, la plupart des inondations que l’on a connues en Brabant wallon auront peu de chances de se reproduire.
Marc Bastin, député provincial en charge des cours d’eau

Des permis plus cadrés

Les permis octroyés dans les zones à faibles risques d’inondations ont sérieusement diminué ces dernières années. Le CoDT a permis de resserrer les boulons alors que le vade-mecum élaboré par la cellule Giser (Conseils techniques et avis d’urbanisme pour la gestion intégrée sol érosion ruissellement) est particulièrement bien suivi. Par contre, aucun déclassement de zone à bâtir n’a été effectué. Un souhait lancé en 2011 qui devrait en fait rester encore bien vain vu le prix des terrains en dans la province.