De la Smart City à la Smart Rurality

Retour dans le passé avant d’évoquer le présent et le futur de la Smart City en Brabant wallon. Six ans après notre premier dossier sur le sujet, on découvre les avancées en la matière. De quoi se rendre compte des nouvelles ambitions pour faire de cette province un territoire intelligent.

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Les villes intelligentes sont aux portes du Brabant wallon », écrivions-nous en 2015. Wavre et La Hulpe étaient alors les deux fers de lance de la province. De timides applications de ce concept de Smart City tendaient à se développer. Il faut dire que les contours même du principe faisaient encore débat, entre les tenants d’un concept marketing, ceux d’un produit technologique ou d’autres qui évoquaient un enjeu citoyen. Six ans plus tard, il n’y a toujours pas de villes intelligentes. En Brabant wallon ou ailleurs en Belgique. Par contre, les initiatives centrées sur l’un ou l’autre domaine se multiplient. En Brabant wallon, certaines communes ont pris leur envol en la matière (Nivelles, La Hulpe et Waterloo). Alors que l’intercommunale inBW a décidé de dédier un pôle de ses activités au digital et de faire office de grand rassembleur provincial en matière de territoire intelligent.

2015

2021

La Hulpe fait figure d’exemple

En 2015, La Hulpe figurait parmi les dix communes belges sélectionnées dans le cadre des Smart Cities awards. Notamment car elle avait été la première commune wallonne à disposer de l’application Betterstreet, un outil participatif de gestion de l’espace public. Depuis lors, les initiatives se sont multipliées dans cette petite commune située au nord de la province. « Nous avons développé une approche intégrée de certains volets de la Smart city, lance le bourgmestre Christophe Dister. L’objectif est de saisir les opportunités qui permettent de simplifier la vie de nos concitoyens. L’ensemble du département des infrastructures sportives a par exemple été digitalisé. Toutes les réservations pour un terrain de padel, un cours de natation ou encore un stage de sport sont centralisées en un site web. Une borne interactive a été installée au centre sportif pour aider ceux qui ont des difficultés à réserver ou ne possèdent pas les outils. La démarche a été bien acceptée par la population. De nombreux autres éléments ont été digitalisés. Par exemple, lors d’un conseil communal, chaque fois qu’un point qui fait partie de vos préférences est traité lors d’une séance, vous recevez une notification avec l’extrait vidéo. Cela permet de ne pas devoir suivre une séance en entier. Les perspectives sont en tout cas encore nombreuses. Cela concerne principalement les questions énergétique et de mobilité. »

Un intérêt qui doit se concrétiser

La troisième édition du baromètre du Smart City Institute (ULiège) publié en début d’année montre que de plus en plus de communes wallonnes adhèrent au concept de ville intelligente. Le terme Smart City est dorénavant de moins en moins associé à un concept marketing mais davantage à l’usage qui peut en être fait. Ces outils sont dorénavant aussi perçus comme un moyen de digitaliser les services d’une commune (87 % des répondants) mais aussi de faciliter la participation inclusive de leurs administrés (66 %) et de contribuer à l’amélioration de la qualité de vie (61%). Relevons toutefois que 29 % redoutent la dépendance à ces outils technologiques. Deux communes sur trois affirment avoir lancé une démarche en ce sens mais une sur deux précise néanmoins qu’elles les ont encore peu concrétisées. L’environnement et la gouvernance sont les deux segments privilégiés.

inBW veut tisser une toile

Waterloo, Nivelles, Wavre ou encore Ottignies sont particulièrement sensibles aux principes de la Smart City. Que ce soit pour connaitre en direct le positionnement de navettes de bus, gérer l’utilisation et l’emplacement du mobilier urbain, faire rouler une navette autonome ou encore d’assurer le fonctionnement des poteaux d’éclairage en fonction de la présence d’un usager. Autant d’idées qui fonctionnent de manière indépendante. inBW a décidé de fédérer quelque peu ces initiatives. L’intercommunale du Brabant wallon veut tisser un réseau pour parvenir à transformer le Brabant wallon en un territoire intelligent. « De nombreuses communes souhaitent en quelque sorte être la plus connectée du Brabant wallon, ce qui n’a pas beaucoup de sens, précise Blanche Flémal, gestionnaire de projets Smart City chez inBW. Les déplacements d’un citoyen ne sont pas limités à une seule commune. Il est donc utile de mutualiser les actions. » Blanche Flémal a été engagée pour tisser un réseau en la matière et permettre aux communes qui disposent de moins de ressources financières et humaines de pouvoir également s’insérer dans la transition numérique. « L’idée est d’impulser de nouvelles manières de travailler pour faciliter la vie des services communaux et des citoyens. J’ai rencontré et identifié une personne relais dans chaque commune, ce qui permet de fluidifier la transmission d’informations. Il est important que toutes les communes embrayent dans cette voie. Certaines ont l’impression d’être à la traine alors que ce n’est pas le cas. Et puis chacune doit avancer à son rythme. L’objectif est de créer un vrai réseau Smart City en Brabant wallon. »

Le pas vers la Smart Rurality

Paris, Amsterdam, Barcelone, Shanghai, Boston ou encore Séoul. Vu la densité de population, les Smart Cities s’implantent plus facilement dans des grandes métropoles, ce n’est pas une surprise. Si bien que pour le Brabant wallon, il faudrait dorénavant davantage parler de Smart Rurality, selon inBW. « Les communes doivent travailler davantage à leur échelle, lance Christophe Dister, qui est également président d’inBW. Cela se traduit par exemple par des petites actions comme la possibilité de voir via une application s’il y a de la file pour rejoindre un Recyparc ou si un container est rempli et inaccessible. Les possibilités sont multiples. Dans cinq ans, le Brabant wallon sera un modèle du genre en la matière, j’en suis certain. »