Cette route-là 

Texte : Bénédicte Dawance

Que l’on s’en réjouisse ou pas, septembre rime avec rentrée. Pour la plupart d’entre nous, c’est une rentrée après une trêve estivale passée ici, sur les routes ou dans les airs, à la quête des rayons du soleil en esquivant ses brûlures. Des échappées joyeuses, mais néanmoins de moins en moins insouciantes : trouver l’endroit au climat adapté, ni trop chaud, ni trop pluvieux, espérer un beau temps qui tarde à venir ; ce sont les témoins d’un climat qui ne sait où donner de la tête. Une perte d’insouciante progressive aussi dans la mobilité car ses impacts ne tombent à présent plus dans l’ignorance. Fustiger les déplacements aériens pour leurs impacts environnementaux a ses raisons, mais on ne peut en rester là. À côté de nos mobilités lointaines mais sporadiques, il y a nos mobilités quotidiennes. On peut aussi citer nos modes d’alimentation ou encore l’occupation du sol et nos pratiques de construction ; eux aussi à décoder sous l’angle de leurs impacts environnementaux. Quelques chiffres éclairants : les déplacements sont responsables de 20 % des GES (gaz à effet de serre), les bâtiments (construction et occupation) sont responsables de 40 % des GES et de 30 % de la consommation énergétique. 60 % des déchets proviennent de la construction. 2,5 % de de la demande d’énergie mondiale sont consacrés à la production du béton. 9 % de la consommation industrielle mondiale en eau est nécessaire à la production du béton. Le sable est la ressource naturelle la plus exploitée après l’eau. Cette ressource s’épuise. La moyenne de température et d’humidité a déjà atteint le seuil mortel pour l’homme dans certaines parties du monde. Il faudrait plus de 1,6 terre pour subvenir aux besoins de la population mondiale. (Philippe Madec, France, 2021). Et on pourrait poursuivre cette énumération. Le Brabant wallon n’échappe pas à ces tendances. On le voit, changer de cap est devenu vital à l’humanité. L’article dans ce numéro trace en gros traits l’état des lieux et les initiatives en Brabant wallon pour un devenir plus soutenable au niveau des entreprises, de la mobilité ou encore de la rénovation du parc bâti. Une affaire de tous. Bien au-delà de l’emploi de matériaux durables, c’est tout un établissement humain durable qui est à façonner. Un établissement humain qui n’oppose plus l’homme et la nature, ni l’homme à l’homme. Nous avons tous besoin de vivre dans un environnement sain et de construire une culture commune de la responsabilité .

Marco Paulo