Cédric Harmant  ou l’ascension d’un fidèle bras droit

Le Walhinois est le nouveau Fonctionnaire délégué du Brabant wallon. Il succède à Nathalie Smoes. L’homme connait la maison. Il oeuvre dans l’ombre depuis plus de 15 ans. Sa mise en lumière ne devrait toutefois pas faire évoluer sa vision du Brabant wallon.

Partage

Share on facebook
Share on linkedin

Texte : Xavier Attout - Photo : Xavier Attout

Le calme après la tempête. Après douze mois pour le moins mouvementés, les services du fonctionnaire délégué du Brabant wallon ont un nouvel homme fort. Cédric Harmant prend le relais de Nathalie Smoes, absente depuis le 3 juin 2021 pour cause de maladie et visée dans le même temps par une procédure disciplinaire. Si le poste est occupé ad interim, Willy Borsus a bien confirmé officiellement le Walhinois dans ses fonctions. De quoi donner une certaine légitimité autour de sa personne et lui permettre de tenter de restaurer plus aisément un climat de confiance. « La fonction n’a jamais été vacante car le CoDT prévoit la continuité, lance-t-il. Cette dernière année ne fut pas facile pour l’ensemble du service, partagé entre les incertitudes liées à l’absence de la Fonctionnaire déléguée en titre, et l’image parfois injustement négative relayée dans les médias. Je tiens donc à remercier chaleureusement mes collègues pour avoir continué à remplir nos missions. »

1/ Berthet, Radelet, Smoes…

À 44 ans, Cédric Harmant accède à une fonction qui n’a jamais été un objectif de carrière. « Je n’y pensais pas en effet chaque matin en me rasant », sourit-il. Architecte de formation (La Cambre), il fait un bref passage dans un petit bureau d’architectes avant de prendre la route de Wavre et de la fonction publique. Il y fait son entrée en 2006. Thierry Berthet est alors aux commandes. Il ne le croisera que quelques mois. Christian Radelet prendra ensuite le relais. Les deux hommes se côtoieront pendant 13 ans avec, pour Cédric Harmant, un rôle de fidèle bras droit. « Il nous a laissé beaucoup d’autonomie dans notre travail, ce qui était une belle marque de confiance, et nous a permis de gagner en compétence. » La collaboration avec Nathalie Smoes fut par contre bien plus éphémère. La suite est à tracer. « Lorsque la nomination pour ce poste s’ouvrira, je postulerai bien évidemment. Mais je vois surtout ma fonction actuelle comme la poursuite du travail entamé depuis longtemps. Je ne vais pas radicalement changer suite à cette promotion. J’ai surtout eu un coup de foudre pour l’aménagement du territoire et l’urbanisme avant d’avoir l’idée d’y faire une grande carrière. »

2/ Centralité et changement climatique

La fonction de fonctionnaire délégué a perdu de sa splendeur depuis les années 90 où elle était toute puissante. Une évolution qui s’est encore accentuée avec le CoDT. « Cette nouvelle orientation ne me dérange pas. Nous avons désormais davantage un rôle de conseil par rapport aux communes (NDLR : 11 communes peuvent ou vont bientôt pouvoir prendre des décisions en toute autonomie via la décentralisation). Cela nous permet de remettre des avis plus tranchés. » L’urbanisation du Brabant wallon est un fait indéniable. Et elle est loin d’être terminée. « La pression foncière reste importante, y compris sur les zones non urbanisables. L’enjeu, davantage encore avec la perspective du Stop au béton, est de renforcer les projets dans les centres. La densification est encore trop souvent vue négativement. Alors qu’elle peut vraiment être porteuse d’une meilleure qualité de vie. La mobilité doit également nettement évoluer. On ne peut pas se passer de voiture dans certaines parties du Brabant wallon, mais on peut par contre faire évoluer la mobilité et diminuer la dépendance à la voiture. L’amélioration de la qualité des espaces publics et l’attention portée aux effets du changement climatique sur le territoire (dont les inondations et ilots de chaleur) sont deux autres points sur lesquels je serai particulièrement attentif. »

3/ Une fonction peu valorisée

Cédric Harmant n’est pas un novice. Il est bien connu en Brabant wallon. Et possède donc bien évidemment son lot de détracteurs. « Il faut faire avec. Quand nous refusons un permis, le demandeur n’est pas content. Quand nous l’octroyons, c’est son voisin qui nous en veut. Notre mission est donc souvent celle d’un équilibriste. Ce que je souhaite avant tout, c’est être transparent dans mes avis et que mes décisions soient bien comprises, ce qui est essentiel si on veut les faire accepter. L’urbanisme est une matière compliquée, avec des enjeux financiers et une charge émotionnelle, tant pour les demandeurs que les riverains. » Une fonction qui attire peu néanmoins, si on observe les difficultés de recrutement dans toute la Wallonie. À Wavre, il manque encore sept employés pour remplir le cadre. « Des engagements sont prévus à court terme, dont un spécialiste en aménagement du territoire. Lorsqu’ils se concrétiseront, nous pourrions il est vrai exercer encore mieux nos missions. »

4/ Un cycliste à la fibre sociale

Marié, père de trois enfants, Cédric Harmant vit dans un habitat groupé à Walhain, à deux pas de la nationale 4. Une voirie qu’il emprunte chaque matin à vélo pour rejoindre son lieu de travail dans le centre de Wavre. « J’y vais pratiquement tous les jours à vélo électrique. Notre déménagement en septembre au zoning nord m’obligera à faire quelques kilomètres supplémentaires… » Si ce cinéphile se détend aujourd’hui aussi en lisant des BD et des romans graphiques, il a longtemps donné de son temps dans l’aide à la personne. Dont notamment celles qui étaient porteuses d’un handicap. « J’ai moins de temps aujourd’hui pour me consacrer à ces activités mais, pendant de longues années, j’ai aidé des associations à améliorer le quotidien de ces personnes. J’ai toujours eu une fibre sociale. C’est notamment cela qui m’a motivé à entrer dans la fonction publique, pour oeuvrer dans l’intérêt général. »