Cambio inaugure une station à Waterloo
Après Grez-Doiceau fin 2024, la société privée de véhicules partagés poursuit son développement en Brabant wallon en ralliant Waterloo avant l’été. Désormais, son réseau compte 31 stations dans la province, pour quelque 60 voitures mises à disposition des utilisateurs du service.
Texte et photos : Frédérique Masquelier
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Début juin, la société de voitures partagées Cambio a inauguré une nouvelle station à Waterloo. Les deux véhicules mis à disposition des membres du réseau sont parqués sur la place de la Gare. Cette nouvelle offre de transport a vu le jour à l’initiative de la commune, qui a lancé un marché public remporté par l’opérateur privé.
La station Cambio de Waterloo s’inscrit dans l’expansion du réseau en Brabant wallon, d’ores et déjà ancré à Wavre, Rixensart, Ottignies, Louvain-la-Neuve, Nivelles et, depuis fin 2024, Grez-Doiceau. Au total, la Jeune province accueille 31 stations Cambio proposant une soixantaine de voitures partagées. Elles sont situées en priorité près des gares, puis gagnent progressivement les lieux les plus fréquentés, en se rattachant systématiquement au réseau de transports en commun. «Pour que notre modèle économique soit viable, nos membres doivent pouvoir utiliser les transports en commun pour les trajets domicile-travail et avoir recours à nos véhicules partagés en soutien pour les courses, les loisirs, les sorties, prévient Nicolas Bodelet, responsable de Cambio Wallonie. L’idée est d’offrir une solution complémentaire pour les destinations non desservies par les transports en commun et/ou pour les trajets prévus en dehors des horaires de circulation des bus et des trains.»
450 voitures partagées en Wallonie
Selon le rapport 2024 de la société Way To Go sur la mobilité partagée en Belgique, il y avait 8.976 véhicules partagés dans le pays à la fin de l’année écoulée. L’écrasante majorité d’entre eux circule en Flandre (4.658 voitures) et à Bruxelles (3.868). La Wallonie est loin derrière, avec 450 véhicules partagés. Parmi eux, 155 le sont entre particuliers et 295 sont mis à disposition par des opérateurs privés.
À la demande des communes…
Au début de son développement en Wallonie, dès 2002, l’opérateur a ciblé en priorité les grandes villes comme Namur, Liège, Mons ou Charleroi, et investi en propre dans les stations pionnières. «Il fallait initier le mouvement, à l’époque, et asseoir notre présence. Nous avons privilégié les villes dont les gares voient transiter plus de 20.000 navetteurs quotidiens», explique Nicolas Bodelet. En Brabant wallon, c’est Ottignies qui a été la première à rallier le réseau en 2003, forte aujourd’hui de quinze stations pour près de mille utilisateurs.
Désormais, c’est aux communes à faire le premier pas. «Depuis quelques années déjà, il n’y a plus de démarche volontariste de notre part. Nous grandissons en collaboration avec les communes.» Lesquelles assument seules le cout de la mise à disposition des véhicules partagés de la société privée le temps que le seuil de rentabilité soit atteint, moyennant un système de cashback – plus la voiture roule, plus l’apport financier demandé à la collectivité diminue. C’est aussi aux communes que revient la tâche de communication et de promotion de ce nouveau service offert à leurs concitoyens.
«En ce moment, nous sommes en contact avec les autorités communales de Braine-l’Alleud, confie le responsable de Cambio Wallonie. Il est trop tôt pour augurer quoi que ce soit, mais les conditions sont réunies pour que les discussions aboutissent sur un accord : Braine-l’Alleud peut compter sur une gare SNCB fort fréquentée, un groupe de citoyens a marqué son désir de voir arriver une station Cambio dans l’entité, et nous venons d’en implanter une dans la commune voisine de Waterloo.»
… ou des promoteurs immobiliers
Outre les partenariats avec les communes, Cambio travaille aussi main dans la main avec les promoteurs immobiliers. En novembre 2019, une station pilote a été installée au sein d’un nouveau quartier de 170 logements construit par Thomas&Piron sur le site de l’ancienne usine Lazer à Nivelles. L’objectif de cette première expérience était de réduire le nombre de places de stationnement au sein du projet en passant de 1,5 à 1,2 par logement. Une initiative qui se justifie par la situation centrale des résidences à appartements, au cœur du tissu urbain, à proximité des gares SNCB et TEC de Nivelles. Et qui va dans le sens de la densification des centralités en solutionnant en partie la gestion de la mobilité en ville. «Depuis, plusieurs promoteurs nous ont sollicités pour implanter une station de voitures partagées au pied de leurs projets et cela fonctionne plutôt bien», acquiesce Nicolas Bodelet. Tout comme les communes, les promoteurs sont tenus d’informer les occupants des immeubles et les riverains pour mieux promouvoir la station et faire grandir le nombre d’utilisateurs. À eux également de couvrir le risque et de financer l’opération jusqu’à ce qu’elle soit rentable.
Nos membres doivent pouvoir utiliser les transports en commun pour les trajets domicile-travail et nos véhicules partagés pour les courses, les loisirs, les sorties.
Nicolas Bodelet, responsable de Cambio Wallonie.
D’autres initiatives
Avec ceci que le phénomène des voitures partagées ne se limite pas aux activités de la société Cambio. D’autres initiatives existent en Brabant wallon, émanant d’opérateurs privés concurrents (Mobilize Share, Cozywheels, Wibee), du milieu associatif, de simples citoyens ou de communes. Ainsi, par exemple, de Genappe, qui s’est équipée de trois voitures électriques partagées dès 2020 et encourage tant ses administrés que les employés communaux à en faire usage. Idem à Walhain en 2021 (un véhicule) et à Court-Saint-Étienne (deux) en 2023. Mont-Saint-Guibert n’a pas encore passé le cap de la flotte communale partagée, mais elle relaie sur son site Internet et sur ses réseaux sociaux les groupes de partage de voitures entre particuliers qui sont créés sur son territoire ainsi que, tout récemment, la venue d’une voiture partagée Wibee. Enfin, dans le village de Marbais (Villers-la-Ville), le groupe d’action local (GAL) Pays des 4 Bras a organisé une campagne de communication et plusieurs apéros citoyens en vue de la formation d’un groupe de partage de véhicules entre particuliers mis sur pied à partir de 2021.
Une voiture Cambio remplace treize véhicules privés
Présent avec 2 970 véhicules partagés dans 147 villes et communes en Belgique, Cambio a comptabilisé plus d’1,1 million de trajets réalisés via son réseau en 2024. Selon une enquête menée auprès de ses membres, 60 % d’entre eux disposent d’une station à moins de 500 mètres de leur domicile et 80 % ne possèdent pas de voiture personnelle. Parmi eux, 44% ont vendu leur voiture après avoir rejoint le service. Ce qui amène l’opérateur à estimer qu’un véhicule partagé permet de remplacer jusqu’à treize voitures privées.
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