Quel avenir pour nos communes ?

Les nouvelles ambitions
de Braine-l’Alleud

« Se réapproprier l’avenir »

Espace-vie 295 | Avril 2020 | Nouveaux quartiers, tous les mêmes ? Comment le bâti brabançon se standardise

Du Covid-19 nous garderons en mémoire l’image des espaces publics vides : le no man’s land imposé par un confinement quasi planétaire. Dans ce numéro, nous avons notamment voulu cerner, à l’aune de l’actualité mouvante, l’impact de cette crise sur nos espaces intérieurs et extérieurs. Y aurait-il un avant et un après Covid-19 sur les manières d’occuper le territoire ? La crise sanitaire que nous vivons fait rejaillir des enjeux cardinaux en matière d’aménagement et de ménagement du territoire. Rien de neuf sous le soleil (plus brulant) de l’urgence écologique et sociale. Dans le faisceau de ces enjeux, quatre d’entre eux émergent.

Le premier concerne les inégalités sociales et territoriales. Déjà profondément creusées, elles se sont renforcées pour ceux et celles dont le confinement est synonyme de rétrécissement brutal des ressources. « Les conditions d’hébergement, la possibilité de partir, le choix de consommer autrement, l’accès facile au numérique ne sont pas les mêmes pour tout le monde », déclare l’urbaniste Fouad Awada. L’autre enjeu c’est celui de la dichotomie ville-campagne. La maison-individuelle-avec-jardin a renchéri le modèle de la vie préservée des maux des villes. Trop grandes, trop complexes, trop peuplées. Or, cette représentation est à manipuler avec prudence. Les villes bien faites, parce qu’elles combinent à la densité des aménités et une mixité, ont constitué aussi des foyers de solidarité. De cette crise, on retiendra aussi les vertus de la proximité. De la « ville du quart d’heure », selon Carlos Moreno, où l’ensemble des services de nécessité est accessible à l’effort de la marche ou du vélo. Mais l’appréciation de cette échelle locale ne doit pas éclipser l’importance de l’échelle globale qui permet de connecter des pays, des régions, des territoires, en difficulté.

Enfin, dernière dimension : la résilience, la capacité « à faire avec, malgré tout ». Cette agilité qui anime tous les organismes, sociaux ou urbains, montre que le territoire peut s’adapter aux usages réinventés. C’est le cas de ces reconversions d’espaces (du dedans et du dehors) pour répondre à l’urgence ou à d’autres besoins. À l’image des balcons qui ont servi d’agoras. Cette flexibilité du territoire n’est possible que s’il y a un cadre structurel, une armature nommée intérêt général. Ainsi, aux confinements, aux rétrécissements de nos espaces, a répondu une ouverture vers l’expérimentation d’autres modes de vie. Alors, si l’incertitude se rappelle à notre quotidien, la seule brèche certaine qui se présente à nous aujourd’hui, comme l’affirme la philosophe Isabelle Stengers, c’est le « pouvoir de se réapproprier l’avenir. »

Karima Haoudy

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dessinateur belge
qui illustre Espace-Vie

La structuration du territoire autour de la voiture, modèle qui a contribué à l’étalement urbain, est à bout de souffle, estime Sylvain Grisot. Il publie un Manifeste pour un urbanisme circulaire et appelle à revoir complètement la manière dont on fabrique la ville. Et vite. Car la cité de 2050 se construit aujourd’hui.
Une belle prouesse architecturale. Le chai du vignoble du Château de Bousval a été inauguré il y a quelques mois. Il est l’oeuvre du bureau d’architecture AWAA, de Charly Wittock.
Certains parlent d’urbanisme tactique. D’autres d’urbanisme temporaire. Quelques-unes des plus grandes villes du monde s’y attèlent ces dernières semaines, poussées dans le dos par la crise du coronavirus. De quoi permettre la création de pistes cyclables temporaires ou de zones de rencontre. Possible à l’échelle du Brabant wallon ?
Aussi microscopique soit-il, le Covid-19 aura chamboulé nos modes de vie. Un des effets palpables a été le mélange, au sein du « chez soi », de fonctions multiples. C’est le cas du télétravail. Analyse ici avec trois acteurs attentifs à cette évolution pour mesurer les effets de cette hybridation de fonctions sur nos espaces intérieurs et extérieurs.
Le confinement d’une partie de la population a suscité l’émergence d’offres culturelles destinées à maintenir du lien, rompre une certaine solitude et permettre de s’évader tout en restant enfermé. Il a vu naitre aussi de belles initiatives de solidarité avec les plus faibles.
La Maison de l’urbanisme du Brabant wallon a élaboré une démarche visant à offrir une fenêtre sur le territoire de la province et les enjeux de l’urbanisme. Réalisé par l’illustrateur Alain Maes, « L’urbanisme c’est nous » constitue un condensé du territoire et une invitation à s’approprier les enjeux de l’urbanisme.

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