Un sérieux coup d’arrêt

Espace-vie 295 | Avril 2020 | Nouveaux quartiers, tous les mêmes ? Comment le bâti brabançon se standardise

Comme toute la Belgique, le petit monde de l’urbanisme, de l’immobilier et de la construction vit au ralenti ces derniers jours. La plupart des grands chantiers sont à l’arrêt, les enquêtes publiques sont suspendues ou reportées et les délais de traitement des demandes de permis de bâtir sont, depuis ce jeudi 26 mars, suspendus jusqu’à nouvel ordre en Wallonie. Un coup d’arrêt important pour un secteur dont l’activité battait son plein ces derniers mois. Et dont la plupart des indicateurs étaient au vert.

La reprise économique et urbanistique comporte pour l’heure son lot d’incertitudes. Personne ne sait encore prédire quand elle se matérialisera. Si le confinement se prolonge, nul doute en tout cas que la reprise sera compliquée pour les services Urbanisme des différentes communes du Brabant wallon. Aux demandes de permis en cours et à celles encore non-traitées, s’ajouteront toutes les nouvelles demandes. Embouteillages à prévoir donc.

L’autre élément à suivre de près concerne la manière dont chacun ressortira de ce confinement forcé. Il est évident que passer ses journées dans sa villa quatre façades et son grand jardin entraine une perception différente de la situation que lorsque l’on est coincé dans un étroit appartement sans balcon. A l’heure où la Wallonie ne cesse de marteler qu’il faut densifier le territoire et réduire l’étalement urbain, le coronavirus pourrait faire évoluer les réflexions de certains. De là à mettre un frein à la politique en vigueur depuis près de 15 ans ? De même qu’aux tendances de réduire la taille des appartements et de multiplier les espaces partagés dans un immeuble ? Ces questions semblent trop vastes à appréhender aujourd’hui mais pourraient néanmoins alimenter certains débats dans les prochains mois.

Xavier Attout

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Dessinateur d’Ottignies-LLN
qui illustre Espace-Vie.

La plupart des nouveaux quartiers qui sortent de terre en Brabant wallon et ailleurs en Wallonie se ressemblent de plus en plus. Une standardisation des constructions qui est notamment liée à une architecture stéréotypée, aux exigences en matière de performances énergétiques, à l’évolution des modes de vie et à une hausse des couts de construction. Faut-il tout accepter pour autant ?
Le Brabant wallon est toujours plus urbanisé et se densifie également davantage chaque année. Ce n’est pas qu’une impression, les chiffres le démontrent.
Et si l’urbanisme était finalement une affaire du quotidien ? Et si vous étiez aussi un acteur à part entière du dessein de notre territoire ?
Qu’ils y soient invités ou qu’ils l’occupent de façon spontanée, que cherchent à provoquer les artistes qui s’expriment dans l’espace public ? Un lien social peut-il naitre plus facilement dans la rue que dans des lieux d’expression classiques ?
Il y a dix ans, Espace-vie se demandait si l’importante urbanisation du Brabant wallon avait un lien avec la multiplication des inondations. La situation a bien évolué depuis lors, avec une sérieuse prise en main de cette question. Si bien que les risques ont déjà bien diminué.
Bruxelles envisage de mettre toute la Région en zone 30. De plus en plus de villes wallonnes y songent également. Selon l’institut VIAS, 30 % de la population belge est favorable aux zones 30 généralisées. Un chiffre qui tombe à 22 % en Wallonie, et même à 20 % en Brabant wallon. Une proportion étonnante.
Pendant plus de 125 ans, la sucrerie a façonné la vie économique et sociale de Genappe et ses environs. Après sa fermeture, le Centre culturel de Genappe lançait, en 2012, un projet participatif intitulé « Carré Blanc ».
Certaines quatre façades brabançonnes sont de plus en plus obsolètes. Leurs propriétaires pourraient repenser le modèle urbain en divisant leur terrain de manière à emprunter la voie de la densification. Les freins sont nombreux.

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